La moitié des non-vaccinés ne changera pas d’avis

56% Wallons qui refusent le vaccin n'ont pas l'intention de changer d'avis, selon un sondage de la VUB, qui a tenté de comprendre les raisons de cette réticence.

67% des Belges de plus de 18 ans sont à l'heure actuelle complètement vaccinés. - BELGA

On n’y aurait pas cru au début de la campagne de vaccination, mais la Belgique est à la pointe. Elle se situe désormais à la quatrième position des pays européens en termes de premières doses administrées, derrière Malte, l’Islande et le Danemark. Plus précisément, cela donne à l’heure actuelle 83% des plus de 18 ans partiellement vaccinés, et 67% complètement. L’objectif d’atteindre une couverture vaccinale de 70% de la population n’est plus très loin. Il reste toutefois encore quelques récalcitrants.

La VUB et sa spin-off iCense ont mené une enquête auprès de 1.030 Belges pour tenter de savoir les raisons qui les poussent à ne pas se faire vacciner. « Depuis le début de la pandémie, on assiste à une division au sein de la population. Un ingroup et un outgroup, qui, précisément à cause de cette contradiction, s’est accroché à sa croyance en sa position. Grâce à cette étude, nous comprenons beaucoup mieux les deux groupes et ce qui les motive », déclare le professeur Timothy Desmet, cofondateur d’iCense et membre du groupe de recherche VUB Marketing and Consumer Behaviour.

Premier constat : une très large majorité de Belges (87%) se montrent positifs vis-à-vis du vaccin contre le Covid-19, convaincus que c’est la meilleure manière de protéger sa santé et celle des autres. Près de 92% d’entre eux estiment d’ailleurs qu’il s’agit d’un geste indispensable pour garantir la santé des plus fragiles. Les considérations plus pratiques, comme la reprise de l’économie et les voyages, n’arrivent qu’en deuxième position.

Parmi les vaccinés, 11% n’étaient pas enclins au départ à le faire, principalement par crainte d’effets secondaires et en raison, selon eux, d’un manque d’études suffisantes sur les vaccins anti-Covid. Un tiers d’entre eux ont finalement passé le cap à cause de la pression sociale autour de la vaccination. « On regarde de travers les gens qui ne se font pas vacciner », estiment 45% d’entre eux.

Méfiance

La première cause de la réticence vaccinale est donc cette crainte des effets secondaires, en particulier celle des caillots de sang, largement répandue chez les récalcitrants (82%) et, dans une moindre mesure, chez les vaccinés (35%). Elle est nourrie depuis les premiers mois de la campagne par les cas graves, voire mortels, de thromboses qui ont frappé quelques patients auparavant vaccinés avec le sérum d’AstraZeneca. En réalité, pourtant, les risques sont minimes. Depuis le début de la campagne de vaccination en décembre, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé a reçu, en date du 12 juillet, 23.560 notifications d’effets indésirables, sur plus de 7,6 millions de vaccinés, dont la majorité sont considérés comme non graves. Les effets indésirables considérés comme graves le sont « en raison d’une incapacité de travail temporaire ou de l’impossibilité de quitter la maison à cause de la fièvre, de douleurs musculaires, d’un malaise et de réactions au point d’injection », précise l’agence. Les cas de décès représentent moins de 1% des effets indésirables rapportés.  

Autre crainte, celle pour la grossesse. 70% des femmes qui ne veulent pas se faire vacciner pensent que c’est dangereux pour les femmes enceintes et pour le fœtus. Aucun lien scientifique n’est pourtant établi entre la vaccination contre le coronavirus et des effets néfastes pour des grossesses en cours ou à venir. En Belgique, les recommandations du Conseil supérieur de la Santé sont même formelles depuis avril : toutes les femmes enceintes devraient idéalement se faire vacciner « en raison du risque accru pour la mère de développer une Covid-19 sévère et d’accouchement prématuré ».  

Les Belges qui refusent la vaccination indiquent également qu’elles ne font pas confiance aux chiffres qu’elles entendent dans les médias.

Sacré défi

Cette étude constate que le niveau d’éducation joue un rôle dans l’attitude vis-à-vis de la vaccination, les plus diplômés étant plus favorables. Il y a également des disparités entre les Régions. Ainsi, 87% des Flamands se montrent favorables à la vaccination, contre 78% des Wallons et 77% des Bruxellois. Concernant les réfractaires, on en trouve davantage en Wallonie : 56% des Wallons qui ne veulent pas se faire vacciner ne comptent pas changer d’avis, contre 40% des Bruxellois et 30% des Flamands. Pour la suite – et fin ? – de la campagne de vaccination, les autorités publiques risquent bien de rencontrer quelques obstacles au sud du pays.

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