Vaccination, pass sanitaire, mesures: ce qui pourrait être décidé lors du Codeco

Le comité de ce vendredi devrait durcir le ton comparé à sa dernière réunion, mais de toute évidence pas autant qu’en France.

La conférence de presse du Codeco le 19 mars 2021, à Bruxelles @BelgaImage

Ce 16 juillet, l’exécutif belge se réunira lors d’un nouveau comité de concertation (Codeco). Il devra surtout réagir à deux nouveaux éléments. D’une part, il y a la hausse des contaminations (+83% par rapport à la semaine précédente). Une augmentation due à la présence accrue du variant Delta, reconnu comme 60% plus contagieux que le variant Alpha dominant jusqu’ici, mais aussi à la multiplication des déplacements et à un relâchement général vis-à-vis des gestes barrières.

D’autre part, il y a l’avancée de la campagne de vaccination. À l’heure actuelle, 81,6% des Belges majeurs ont reçu une première dose (soit 66,3% de la population globale) et 55% sont entièrement vaccinés (44% mineurs compris). Un bon score comparé à la moyenne européenne mais de semaine en semaine, les nouveaux primo-vaccinés deviennent rares. Un problème quand on sait que seulement 59% des adultes bruxellois ont reçu une injection.

Au vu de ces informations, plusieurs ministres ont donné leur avis sur ce qui devrait être décidé par le Codeco.

Un élargissement réduit du pass sanitaire?

Tout d’abord, il y a la question du renforcement des mesures et du pass sanitaire. La sévérité adoptée en France à ce sujet devrait être prise en compte par le gouvernement belge, comme le confirme une source gouvernementale à La Libre. Mais cette dernière précise tout de suite qu’il ne faut pas pour autant imaginer un pass sanitaire belge aussi omniprésent qu’outre-Quiévrain. Une position confirmée par le ministre fédéral de la Santé Franck Vandenbroucke. «Il n’y aura pas du tout de pass sanitaire pour rentrer dans un café ou dans un restaurant, pas du tout», assure-t-il à RTL Info.

La question, c’est de savoir jusqu’à quel point le pass sanitaire pourrait être étendu. Pour l’instant, il est prévu d’utiliser un Covid Safe Ticket dès le 13 août pour les grands événements d’au moins 4.000 personnes en intérieur et 5.000 en extérieur. Une piste de réflexion serait de baisser cette jauge pour que ce pass concerne aussi de plus petits événements.

Le gouvernement pourrait toutefois ne pas suivre l’alerte émise par plusieurs épidémiologistes appelant à annuler le déconfinement des festivals. C’est du moins ce que laisse présager Frank Vandenbroucke qui a confirmé à la presse flamande que des événements de masse comme le Pukkelpop pourraient bien avoir lieu s’ils respectent les contrôles sanitaires prévus.

Durcir certaines mesures sanitaires

Pour le reste, le Codeco devrait marquer un coup d’arrêt dans le plan de déconfinement, contrairement à ce qui avait été imaginé en juin. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) Pierre-Yves Jeholet a confirmé à RTL Info que le cas des discothèques sera discuté le 16 juillet mais il a prudemment affirmé qu’il sera seulement question de «donner des perspectives». Il est donc fort probable que le retour de ces établissements ne soit pas pour bientôt. Frank Vandenbroucke semble aller dans ce sens puisqu’il déclare à VTM ne pas vouloir faire «une politique de yo-yo comme aux Pays-Bas» qui n’auront réouvert leurs boîtes de nuit que quelques jours.

Même s’il n’est pas question de reconfinement pour l’instant, un renforcement de certaines mesures est bien à prévoir. C’est en tout cas ce que va proposer le commissaire du gouvernement pour la crise sanitaire, Pedro Facon. «Les lignes de défense pour la gestion des risques, dans les domaines de la prévention et de la sensibilisation, des règles de voyage, des tests, de la gestion des épidémies, du suivi des contacts, du suivi de l’isolement et de la quarantaine, etc. doivent être encore maintenues et renforcées sur différents fronts», dit-il, en évoquant de nouvelles mesures «en matière de ventilation et de qualité de l’air».

Un appel qui devrait être entendu par le ministre fédéral de la Santé. Frank Vandenbroucke a déjà confirmé à VTM qu’il souhaite un durcissement des contrôles des voyageurs de retour de zones rouges (ce qui pourrait passer par une quarantaine renforcée), voire des «contrôles aléatoires» à la frontière pour les retours en voiture. Une position soutenue par Christie Morreale, la ministre wallonne de la Santé. Une autre proposition de Frank Vandenbroucke est quant à elle plus contestée: celle de faire tester les jeunes avant qu’ils ne participent aux camps d’été. Le ministre flamand de la Jeunesse Benjamin Dalle a déjà prévenu qu’il ne soutiendrait pas une telle initiative.

La vaccination délicate des soignants

Un dernier point sera probablement abordé: la vaccination obligatoire des soignants. Ce sujet semble faire l’objet de grandes tensions au sein de l’exécutif. Il y a ceux qui sont pour, et d’autres qui préfèrent attendre. Le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, s’est pour sa part montré favorable à cette possibilité. Le président du CD&V, Joachim Coens, a lui aussi déclaré qu’«en particulier dans le domaine des soins de santé, nous devons vacciner toutes les personnes qui sont médicalement aptes à le faire, si nécessaire de manière obligatoire».

D’après les informations de la Libre, Frank Vandenbroucke a déposé un document de travail sur la vaccination obligatoire des soignants. Pour autant, le ministre ne veut pas aller trop vite. «Ce mercredi matin, je proposerai à mes collègues lors de la conférence interministérielle soins de santé, de développer un plan d’action commun pour atteindre cet objectif: que [la vaccination des prestataires de soins, ndlr] soit la norme», déclare-t-il à RTL Info. «Je crois que premièrement, il faut de la sensibilisation et de la transparence […] Et si cela s’avère nécessaire d’obliger la vaccination, alors il faut introduire cette obligation. Mais je crois que, comme l’ont dit Alain Maron et Christie Moreale, je crois qu’il faut un processus d’avis scientifique d’abord, comme toujours, et aussi de concertation avec ces acteurs car il faut une réelle assise pour une telle mesure, pas de précipitation».

Sur le même sujet
Plus d'actualité