La France assouplit l’obtention du pass sanitaire en parallèle de sa généralisation

Il sera désormais plus facile d’avoir le précieux sésame. Une décision liée au fait qu’il le faudra bientôt pour participer à presque tous les types d’activités. Voici tout ce qu’il faut savoir.

L'application française #TousAntiCovid, utilisée pour le pass sanitaire @BelgaImage

Ce lundi, le président français Emmanuel Macron a frappé fort en édictant l’extension du pass sanitaire en France. Ce dernier sera généralisé à toute une série de domaines, des restaurants aux transports en passant par la culture, et ce en deux étapes: le 21 juillet et début août (la date précise n’est pas encore connue mais il ne s’agira pas du 1er août). Sans surprise, cette annonce a provoqué un énorme afflux dans les centres de vaccination. 1,7 million de personnes ont pris rendez-vous pour leurs vaccins en moins de 24 heures et 792.339 injections ont été réalisées ce mardi dans l’Hexagone, un record. Pour éviter de créer trop de tensions, le gouvernement français a adopté en parallèle quelques ajustements du pass, qui sera plus facile à obtenir.

Une obtention plus rapide

La mesure la plus importante concerne la date de remise du pass après avoir complété sa vaccination. Jusqu’ici, il fallait attendre deux semaines après la dernière dose pour avoir le pass, comme dans la majorité de l’Union européenne. Désormais, ce sera moins long. «Nous pouvons désormais reconnaître la protection de la vaccination une semaine après la deuxième dose», déclare le ministre de la Santé Olivier Véran sur France 2.

La deuxième adaptation concerne les 12-17 ans. Puisque dans leur cas, «la vaccination n’a commencé que tardivement», rappelle le ministre, «de manière à ne pas gâcher les vacances des familles, pour eux, le pass sanitaire s’appliquera à compter du 30 août». Autrement dit, le gouvernement français estime que d’ici le 30 août, cette partie de la population aura eu le temps de se faire vacciner, d’où l’établissement de cette date butoir. Après, il leur faudra aussi être vaccinés.

Enfin, Olivier Véran ouvre la porte à un retrait facilité du masque en cas d’obtention du pass sanitaire. «Nous pourrons bientôt tomber le masque, c’est le principe du pass sanitaire», assure-t-il. «Nous pourrons progressivement lever la contrainte dans toutes les enceintes» accueillant du public.

Pour rappel, afin d’avoir le pass sanitaire en France, il faut soit être complètement vacciné (avec plus qu’une semaine après la dernière dose donc), avoir un test PCR ou antigénique négatif (mais pas un auto-test) de moins de 48 heures (ou 72 heures pour traverser la frontière), ou avoir un certificat de rétablissement avec un test positif daté entre onze jours et six mois. Le pass peut être présenté via l’application belge CovidSafe ou sous format papier.

D’ici début août, le pass exigé presque partout en France

Jusqu’ici, le pass sanitaire était utilisé pour entrer sur le territoire français et pour participer à un rassemblement de plus de 1.000 personnes, ainsi que pour entrer dans les discothèques recevant plus de 50 clients. À partir du 21 juillet, première étape de son extension, il sera exigé pour tous les «lieux de loisirs ou de culture». Sont concernés les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle, les parcs d’attractions, les musées, les stades ou encore les zoos. Par contre, a priori, les bibliothèques et médiathèques accueillant moins de 50 personnes seront épargnés, même si cela doit être confirmé.

Ensuite, début août, le pass sera demandé à l’entrée de toute une série d’autres établissements: restaurants et cafés (y compris en terrasse), centres commerciaux (d’une surface importante, pas les supermarchés), salles de sport, hôpitaux, Ehpad (maisons de retraite) ainsi que transports de longue distance (avions, trains TGV et intercités, sans oublier les autocars interrégionaux). Les lieux de culte seront épargnés. Pour connaître la date exacte de cette extension, il faudra attendre le vote de la loi nécessaire à son implémentation. C’est d’ailleurs pour des raisons de calendrier législatif que la deuxième étape de la généralisation du pass n’aura pas lieu le 1er août mais plus tard.

Au vu de ces restrictions, une personne qui continuerait à refuser le vaccin en France devrait soit renoncer à presque toutes ses activités de loisirs, soit passer des tests tous les deux jours. Précision importante: pour éviter de plomber les finances publiques, le gouvernement français a décidé que ces tests ne seront plus remboursés dès l’automne 2021. Depuis le 7 juillet, ils ne le sont déjà plus pour les étrangers.

Cela fait beaucoup de contraintes mais a priori, ces initiatives sont plutôt bien perçues par la population française. Selon un sondage Elabe, 76% des Français approuvent l’extension prévue de la vaccination aux soignants et une majorité fait de même avec l’extension du pass sanitaire. Le pourcentage d’approbation dépend du lieu concerné par cette généralisation: 76% pour les transports, 70% pour les Ephad, 66% pour les lieux de loisirs et de culture, et 58% pour les restaurants, cafés et centres commerciaux. 63% accepte la fin de la gratuité des tests et 54% jugent les mesures «adaptées à la situation» sanitaire (31% les jugent trop strictes et 15% pas assez). Quant à la vaccination, 79% des Français l’approuvent désormais. En date du 12 juillet, 52,6% des Français majeurs sont entièrement vaccinés.

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