La finale de l’Euro 2020 sous l’ombre du variant Delta

La progression du variant Delta du coronavirus, extrêmement contagieux, suscite la crainte de voir les festivités liées à la finale de l'Euro 2020 de football dimanche soir en Angleterre disséminer plus encore la maladie.

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Italie et Angleterre s’affrontent à partir de 20H00 heure de Londres, soit 21h00 sur le continent, devant plus de 60.000 spectateurs, au stade de Wembley près de Londres, où la jauge a été portée à 75% en ce jour déjà historique pour l’équipe d’Angleterre, en finale d’une compétition pour la première fois depuis 1966.

Des centaines de supporteurs anglais approchaient du stade de Wembley, chantant bruyamment et buvant de la bière, plusieurs heures avant le match. « Des gens sont inquiets car certains d’entre eux ne portent pas de masque », déclare à l’AFP Yvette Reinfor, une institutrice de 49 ans habitant près du stade. « C’est gênant, mais il y a aussi une belle ambiance ».

En plein centre de Londres, à Trafalgar Square, une « fan zone » s’apprêtait à accueillir, dans le respect des règles de distanciation sociale, 1.500 heureux gagnants d’une place sur internet.
Ce n’est pas tant le stade lui-même qui inquiète les spécialistes que les rassemblements, surtout ceux en intérieur, que cette grande fête du ballon rond va engendrer, en particulier au Royaume-Uni où presque toutes les restrictions ont été levées et où 30.000 nouveaux cas quotidiens ont été enregistrés sur la semaine écoulée.

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Risques sur l’économie mondiale

« Il est possible, probable même, que des régions très peu touchées par l’épidémie au Royaume-Uni vont se trouver ensemencées par des supporters revenant de Londres », prévient Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’université de Genève.

« Le variant Delta arrive sur le continent européen, il semble difficile à contrer tellement il est transmissible, l’Euro n’arrange rien », dit-il à l’AFP. Les propagations de nouveaux variants du coronavirus font peser aussi des risques sur l’économie mondiale selon les Etats-Unis et l’ensemble du G20.

« Nous sommes très inquiets concernant le variant Delta et d’autres variants qui pourraient émerger et menacer la reprise », a déclaré dimanche à Venise la secrétaire au Trésor américaine Janet Yellen, en marge du G20. « Nous sommes dans une économie mondiale connectée, ce qui se passe dans n’importe quelle partie du monde affecte tous les autres pays », a-t-elle souligné.

Une mise en garde identique avait été lancée la veille par les ministres des Finances du G20.
Cible principale des inquiétudes, le variant Delta, apparu en Inde et qui se répand à grande vitesse, provoquant des flambées épidémiques en Asie et en Afrique, et faisant remonter le nombre de cas en Europe et aux Etats-Unis.

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70% de la population européenne est vaccinée

Alors que 70% de la population est vaccinée dans certains pays développés, ce chiffre est de moins de 1% pour les pays à bas revenu, a souligné le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

L’Union européenne a atteint son objectif de disposer de suffisamment de doses pour vacciner 70% de sa population adulte de quelque 366 millions, a annoncé samedi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. « Quelque 500 millions de doses auront été distribuées », a-t-elle précisé.

Le Bangladesh a passé des accords pour 17,5 millions de vaccins supplémentaires contre le Covid-19, a annoncé samedi son ministère de la Santé, alors que ce pays de 169 millions d’habitants connaît des records de mortalité et a dépassé le million de cas.
Sa population est soumise au plus sévère confinement depuis le début de la pandémie. L’armée patrouille les rues pour faire rester les gens chez eux.

De nombreux pays, comme l’Espagne, les Pays-Bas ou la Thaïlande, ont décidé de réintroduire des restrictions sanitaires. Le président français Emmanuel Macron pourrait en annoncer lundi pour son pays face aux assauts du variant Delta, en passe d’être majoritaire en France, tandis que l’Argentine a prolongé les siennes jusque début août. Mercredi, Malte deviendra le premier pays européen à fermer ses frontières aux voyageurs non vaccinés.

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