Covid: le risque de transmission serait douze fois plus élevé chez les non-vaccinés

Les auteurs de l’étude donnent notamment des chiffres alarmants sur le rôle que joueraient les mineurs dans la propagation de l’épidémie, du fait d’une couverture vaccinale réduite.

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C’est une des questions centrales sur la campagne de vaccination contre le Covid-19: est-ce que l’on est moins contagieux après avoir reçu son injection? La réponse serait oui selon une étude en pré-publication de l’Institut Pasteur. En croisant leurs données épidémiologiques, les chercheurs ont montré que les personnes non-vaccinées contribuent non seulement à accroître la pression hospitalière, mais aussi à propager le coronavirus «de façon disproportionnée», soit 12 fois plus que celles vaccinées. Mais leur influence sur l’épidémie est très différence selon leur âge. Les auteurs de l’étude invitent en ce sens à plusieurs adaptations dans les stratégies anti-Covid des autorités.

La moitié des contaminations dues aux mineurs

Pour arriver à ces conclusions, l’Institut Pasteur s’est basé sur un scénario qualifié de «plausible». Les chercheurs ont regardé l’impact qu’aurait une couverture vaccinale de 90% des plus de 60 ans, de 70% des 18-59 ans et de 30% des 12-17 ans. Des chiffres qui sont généralement ceux visés par les autorités de chaque pays. Ils ont ajouté à cela un virus dont le taux de reproduction (le R0) serait de 4, ce qui correspond à la fourchette haute du R0 de la forme standard du Covid-19 (le variant Delta serait cela dit potentiellement deux fois plus contagieux).

Résultat: les personnes vaccinées ne contribuent que peu à la circulation du virus, contrairement à celles non-vaccinées. Ces dernières représentent ici 37% de la population mais 75% des infections seraient de leur fait. Puisque ce scénario suppose que les jeunes sont moins vaccinés, cela se ressent tout de suite dans les chiffres. 46% des contaminations auraient alors lieu chez les moins de 17 ans, «alors qu’ils représentent 22 % de la population et sont moins susceptibles d’être contaminés que les adultes», notent les chercheurs. «La situation des enfants et adolescents, qui devraient être peu vaccinés cet automne, est une source d’inquiétude», confirment-ils.

Et ce n’est pas tout. Car si on isole les rares adultes de plus de 60 ans non-vaccinés, ils seraient à l’origine de 35% des hospitalisations, alors qu’ils ne comptent que pour 3% de la population totale. Les chercheurs n’hésitent donc pas à tirer la sonnette d’alarme: «un pic d’hospitalisations similaire au pic de l’automne 2020 pourrait être observé en l’absence de mesures de contrôle».

Cibler les mesures de contrôle sur les non-vaccinés?

L’Institut Pasteur se veut donc très clair sur la couverture vaccinale: il faut qu’elle soit la plus haute possible chez les plus fragiles pour éviter une nouvelle catastrophe sanitaire. Plus globalement, «parmi toutes les mesures étudiées, la vaccination des non-vaccinés est l’approche la plus efficace pour contrôler l’épidémie», assurent les chercheurs. «Du fait de la vaccination, l’effort nécessaire pour contrôler un rebond épidémique devrait être nettement moindre que pendant la période pré-vaccinale».

Mais vu qu’il est probable que les personnes réticentes n’adhèrent que difficilement à la vaccination, ils ont aussi réfléchi à la stratégie de lutte contre le Covid-19 qu’il faudrait adopter pour agir au mieux. Ils proposent alors une mesure qui serait probablement peu populaire. «Dans une population partiellement vaccinée, des mesures de contrôle qui ne seraient appliquées qu’aux personnes non-vaccinées pourraient maximiser le contrôle de l’épidémie tout en minimisant l’impact sociétal», disent-ils, même s’ils reconnaissent que «cela soulève des questions sociales et éthiques importantes qui doivent être discutées».

Ils insistent enfin sur le cas des mineurs, qui seraient très probablement des vecteurs très actifs de la transmission du virus. «S’il y a un rebond épidémique cet automne, des mesures de contrôle dans les écoles, les collèges et les lycées pourraient être nécessaires pour réduire le risque de tensions hospitalières […] La vaccination des enfants et adolescents devrait leur permettre un retour à une vie normale. Il est important de développer des protocoles efficaces de contrôle de la circulation virale dans les écoles permettant de limiter autant que possible les fermetures de classe», concluent-ils.

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