La France s’inquiète du ralentissement de son rythme de vaccination

Le Premier ministre regrette la "décélération" des rendez-vous alors que les obstacles s'accumulent au sein de la campagne française de vaccination.

Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran à Mont-de-Marsan le 24 juin 2021 @BelgaImage

Jean Castex a déploré jeudi la baisse du nombre de premières doses de vaccin injectées chaque jour, exhortant à « faire beaucoup mieux« , lors d’un déplacement dans les Landes où un « plan d’action renforcé » va être déployé en raison d’un regain de l’épidémie de Covid.

« Ayez peur du virus, pas du vaccin »

« Nous vaccinons 200.000 personnes par jour » en primo-injection, « c’est trop peu« , a regretté le Premier ministre à Mont-de-Marsan, en observant que « les prises de rendez-vous » étaient « en décélération« . Il a lancé un « appel solennel » aux soignants qui ne seraient pas encore vaccinés. « Il est impératif que les soignants, les personnels de ces Ehpad soient tous vaccinés, on va dire d’ici la fin du mois d’août (…), à défaut de quoi nous devrions évidemment prendre nos responsabilités« , a plaidé M. Castex, sans toutefois se prononcer clairement sur la possibilité de rendre obligatoire cette vaccination.

« On a fait beaucoup mieux, on doit faire beaucoup mieux« , a-t-il affirmé. L’exécutif s’est fixé comme objectif de 35 millions de Français complètement vaccinés d’ici la fin août (19,6 millions actuellement), et de 40 millions de premières doses injectées (32,7 millions actuellement). « Ayez peur du virus, n’ayez surtout pas peur du vaccin« , a insisté M. Castex.

En visite quelques minutes auparavant dans le cabinet d’un médecin généraliste montois, le ministre de la Santé Olivier Véran avait lui aussi éludé la question de « l’obligation vaccinale » en se disant favorable au déploiement de « moyens incitatifs« . MM. Castex et Véran ont été interpellés par le docteur Didier Simon, qui évoquait le « plafond de verre des 20-50 ans« , rétifs à la vaccination. Là, « huit fois sur 10 on prend un râteau« , a averti le médecin en appelant à « trouver des solutions« . Le même médecin a également souligné le désamour pour le vaccin AstraZeneca, avec lequel il ne fait plus que « les derniers rappels« . « Il est mort, on n’en fera plus. On a 100% de refus des gens, on ne peut rien faire contre ça« , a-t-il expliqué.

Les Landes, seul département où le taux d’incidence dépasse les 50 cas pour 100.000 habitants, connaissent depuis quelques jours une hausse de l’épidémie de Covid, notamment en raison de la circulation accrue du variant Delta, qui représente autour de 70% des cas positifs.

Dans ce cadre, M. Castex a indiqué qu’un « plan d’action renforcé » allait être mis en place pour les sept prochains jours, avec l’objectif de réaliser 14.000 tests et l’arrivée de 20.000 doses supplémentaires de vaccin (60.000 en tout). Si ces mesures ne suffisaient pas, il a ajouté que la levée des restrictions prévues dans toute la France au 1er juillet pourrait être différée dans les landes, notamment pour les « jauges » dans les établissements et lieux recevant du public.

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