Le variant Delta 60% plus contagieux d’après une étude

S’il est désormais ultra-majoritaire au Royaume-Uni, l’institut de santé publique britannique juge que son influence sur la situation sanitaire est limitée.

Deux piétons dans une rue de Hounslow, dans l'ouest de Londres, avec un panneau signalant la présence de variants du Covid-19, le 1er juin 2021 @BelgaImage

Le variant Delta du coronavirus, désormais dominant au Royaume-Uni, est environ 60% plus contagieux que son prédécesseur et poursuit sa poussée dans le pays, selon une étude publiée vendredi, à trois jours de l’annonce de la décision du gouvernement sur la levée des dernières restrictions. Le ministre de la Santé Matt Hancock avait récemment évoqué le chiffre de 40%, par rapport au variant Alpha, lui-même plus transmissible que les souches originales.

Une dégradation sanitaire en demi-teinte

Selon cette étude des autorités sanitaires (Public Health England), 42.323 cas (29.892 de plus qu’il y a une semaine) de ce variant identifié en Inde et présent dans une cinquantaine de pays ont été détectés au Royaume-Uni. Il représente plus de 90% des nouveaux cas. Après un long confinement et une campagne de vaccination menée tambour battant, le nombre de cas et les hospitalisations avaient fortement diminué au Royaume-Uni au printemps, mais le nombre de cas sur sept jours est désormais en hausse de plus de 60% et le nombre de patients hospitalisés vient de repasser au-dessus de 1.000.

Public Health England juge toutefois « encourageant » d’observer que la progression du variant ne s’accompagne pas d’une augmentation des hospitalisations dans les mêmes proportions. Un millier de patients atteints par le coronavirus se trouvent actuellement dans les hôpitaux britanniques. « Les données indiquent que le programme de vaccination continue à atténuer l’impact de ce variant » chez les populations où le nombre de personnes ayant reçu deux doses de vaccin est élevé, souligne l’organisme public. Si « la vaccination« , « notre meilleure défense« , « réduit le risque de maladie grave, elle ne l’élimine pas« , a souligné Jenny Harries, directrice générale de l’Agence de sécurité sanitaire britannique.

En Angleterre, l’Office national des statistiques (ONS) estime à 96.800 le nombre de personnes touchées par le coronavirus la semaine qui s’est achevée le 5 juin, soit une personne sur 560. Pays d’Europe le plus durement touché avec près de 128.000 morts, le Royaume-Uni a déployé une campagne de vaccination massive, qui a permis d’administrer au moins une dose à plus de 77% des adultes en six mois.

Après le confinement hivernal, le gouvernement a progressivement levé les restrictions mais la levée des dernières mesures, initialement prévue le 21 juin, est menacée par la récente hausse des contaminations, qui dépasse les 6.000 voire 7.000 nouveaux cas par jour. Cela concerne notamment la réouverture des discothèques, l’autorisation des mariages à plus de 30 personnes ou encore le service au bar et non seulement à table. Selon le quotidien The Times, le Premier ministre Boris Johnson envisage à présent de reporter cette date de quatre semaines. L’annonce de la décision est attendue lundi.

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