Covid-19 : pourquoi l’OMS renomme les variants

L'Organisation mondiale de la santé a mis au point de nouvelles appellations pour désigner les variants du coronavirus.

L'OMS propose deux noms pour le variant découvert en Inde. - AFP

Ne dites plus variant britannique, mais variant alpha. Ce lundi, l’Organisation mondiale de la santé a annoncé un changement de noms pour les variants du coronavirus, en remplaçant les appellations géographiques par des lettres grecques.

Le grand public et les médias ont jusqu’ici préféré désigner les variants en fonction du lieu de leur découverte : variant britannique, sud-africain, brésilien ou encore indien. Des noms populaires plus faciles à prononcer et à retenir que les noms scientifiques – qui eux restent inchangés – : B.1.1.7, B.1.351, P1, B.1.617… Mais alors pourquoi un tel changement ?

Appellations trompeuses et stigmatisantes

La question de la dénomination des variants du Covid-19 est délicate. D’autant que la région où il a été identifié pour la première fois n’est pas nécessairement celle où il a émergé. Repéré au Japon, le variant brésilien a par exemple d’abord répondu au nom de « variant japonais ». Celui dit « britannique » a certes été découvert au Royaume-Uni, mais son origine géographique reste inconnue.

Et puis tous les pays n’ont pas les mêmes surnoms pour leur mutation. Le Royaume-Uni préfère parler du « variant de Kent », en référence au comté du sud-est du pays où il a été découvert, plutôt que du variant anglais ou britannique, tandis que le Brésil propose « le variant amazonien ». Même chose en France, où on ne dit pas « variant français », mais « variant « breton ». En mars, le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a même été encore plus précis sur sa localisation, en parlant du « variant du Trégor ».

Outre le fait qu’elles soient trompeuses, ces appellations géographiques ne plaisent pas à l’OMS pour une autre raison : elles sont « stigmatisantes et discriminatoires » Au début de la pandémie, l’organisation recommandait déjà de « ne pas lier des lieux ou une ethnie à la maladie » pour éviter la stigmatisation. C’est ainsi que le virus, d’abord surnommé « grippe de Wuhan » ou « virus chinois », a rapidement été renommé sans référence géographique, après avoir constaté une flambée du racisme anti-asiatique dans le monde entier.

Centre de dépistage en Angleterre

Deux noms pour le variant découvert en Inde

L’OMS préfère désormais utiliser des lettres grecques pour désigner les variants du coronavirus. Ainsi, le variant dit britannique est rebaptisé « Alpha ». Le sud-africain devient « Beta » et le brésilien s’appelle « Gamma ». Pour celui découvert en Inde, c’est plus compliqué : l’OMS a donné deux noms différents aux sous-lignées distinctes du variant B.1.617, qui est en partie lié au regain de l’épidémie dans le pays. B.1.617.2 devient « Delta », et B.1.617.1 « Kappa ».

Détecté en octobre 2020, le variant dit indien regroupe en réalité trois sous-lignées distinctes, qui hébergent certaines mutations associées à une plus grande transmissibilité du virus et à un plus grand potentiel d’échappement immunitaire. Avant cette nouvelle dénomination, ces particularités étaient dissimulées derrière l’appellation géographique, réductrice. Or, depuis le 12 mai dernier, l’OMS a qualifié ces trois sous-groupes de préoccupants.

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