Covid-19 : vers la fin de la bulle

La règle d'un seul et unique contact rapproché, c'est bientôt de l'histoire ancienne, selon un projet de la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden. Au grand étonnement des experts.

Est-ce qu'on pourra pour autant faire un câlin à n'importe qui ? Presque. - Unsplash

Cela ressort du projet d’arrêté ministériel de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden : à partir du 9 juin, il n’y aura plus de limitation aux contacts « physiques » entre personnes car « la mesure limitant le nombre de contacts rapprochés de longue durée ne s’applique plus ».

Est-ce qu’on pourra pour autant faire un câlin à n’importe qui ? Presque. En passe de filer à la poubelle, la bulle serait remplacée par une « règle de 4 ». Celle-ci suivrait alors la logique des autres mesures, comme au restaurant et – bientôt – au cinéma, où seuls des groupes de quatre personnes sont autorisés. « Seulement maintenant, nous n’allons plus réglementer de quels amis il peut s’agir », fait-on savoir au cabinet du ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA), qui avait auparavant annoncé que « le terme knuffelcontact [contact câlin] allait disparaître ».

Contre l’avis des experts

Après cette annonce, la présidente du GEMS Erika Vlieghe a tenu à souligner que cette décision n’émanait pas de l’avis des experts. « Nous n’avons jamais recommandé cela », a réagi l’infectiologue. Le virologue Marc Van Ranst a, quant à lui, estimé qu’il était « trop tôt pour abandonner cette mesure », la couverture vaccinale n’étant pas encore assez élevée. Même si les chiffres sont sur la bonne voie, « le virus circule encore beaucoup, et est toujours présent dans tous les coins et côtés du pays. Il est plus sûr de ne pas prendre de mesure de grande envergure tant que la circulation n’est pas suffisamment basse », avertit le biostatisticien Geert Molenberghs.  

Erika Vlieghe

Erika Vlieghe. – BELGA

Cohérence

Annelies Verlinden a défendu samedi ce changement qui devrait rendre les mesures sanitaires « cohérentes » et « sans ambiguïté ». « Le Comité de concertation a décidé de rendre leur responsabilité aux gens en ce qui concerne leurs contacts à domicile. Nous connaissons tous les règles à respecter face au coronavirus et cela vaut certainement pour les contacts à la maison », a déclaré la ministre chrétienne démocrate sur les ondes de Radio 1. Il était plus simple, selon elle, d’aligner les règles du domicile sur celles en vigueur ailleurs. « Nous pouvons déjà boire un verre à quatre en terrasse. À partir du 9 juin, il sera aussi possible d’être à quatre à l’intérieur du restaurant ou du café. Il aurait été étrange de ne plus y appliquer cette limitation, mais bien au domicile. »

S’il est autorisé d’avoir davantage de contacts rapprochés, cela ne signifie pas pour autant qu’il serait « obligatoire ou judicieux » de les multiplier, a toutefois souligné samedi le commissariat corona du gouvernement fédéral. Outre la règle de 4, il recommande également de maintenir les mesures préventives, telles que la distanciation physique et le port du masque, en particulier si l’entièreté du groupe ne bénéficie pas d’une couverture vaccinale complète.

En pratique, on peut se demander si ce changement aura un véritable impact sur le quotidien des citoyens. Selon le rapport du GEMS, datant du 16 avril, le Belge francophone a déjà en moyenne cinq contacts rapprochés, en dehors de sa bulle familiale.

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