Marc Van Ranst depuis sa cachette: « J’en ai marre de cette situation »

Le virologue anversois a infiltré un groupe de soutien à Jürgen Conings. Il s'en explique dans les médias.

Belga

Il est comme un lion en cage. Depuis onze jours, Marc Van Ranst est caché avec sa famille, sous protection policière. Tant que Jürgen Conings, le militaire proche de l’extrême droite qui l’a menacé de mort, reste introuvable, le virologue star est coincé, il ne peut plus bouger, peut à peine s’exprimer. Alors, il a décidé d’infiltrer l’ennemi…

Cela a eu lieu sur le réseau social Telegram. C’est là que les soutiens à Jürgen Conings se sont retrouvés, dans un groupe virtuel intitulé « Als 1 Man Achter Jürgen ! » (« Tous comme un seul homme derrière Jürgen ! »). Sans même cacher son identité, il a provoqué ses détracteurs dans la nuit de mercredi à jeudi : « Je suis venu repérer la créativité ici. Je dois dire que je ne suis pas déçu », écrit-il d’abord. « Le niveau est proche de zéro, mais fallait-il en attendre plus d’un groupe de soutien au terrorisme ? » Une dizaine de minutes après son premier message, Marc Van Ranst prend congé d’un « Bonsoir les combattants ! ».  

« Etre diplomate tout le temps, je ne peux pas ! »

Nos confrères de La Libre Belgique et du Soir ont contacté le virologue pour en savoir plus sur cette sortie peu protocolaire… « Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’aller voir ce qui se dit dans ce groupe ?, a-t-il dit à la Libre. Il rassemble les personnes qui supportent celui qui veut me tuer, et donc cela m’intéresse beaucoup ! Si tout le monde a le droit de s’exprimer, pourquoi pas moi ? ». Il ajoute, au Soir : « Etre calme, diplomate et académique tout le temps alors que je suis enfermé avec ma famille, dont mon fils de 12 ans, je ne peux pas ! Pourquoi devrais-je me taire ? Moi aussi je suis frustré et j’en ai marre de cette situation qui m’empêche de circuler librement… »

Interrogé par la VRT, il avoue cependant que « ce n’était pas très malin ». Quant à son point de vue sur les réseaux sociaux, « on ne doit pas donner trop d’importance aux réseaux sociaux, dit-il encore à la Libre. On devrait même interdire les profils anonymes. Ils sont toxiques. Les gens peuvent dire n’importe quoi et cela n’est pas constructif. Face à cela, la justice est dépassée (…) Pour lutter contre le phénomène, il faudrait que ces faits puissent être traités par des tribunaux correctionnels. Il y a des projets de loi en ce sens depuis 2005 et j’espère que cela va aboutir. Je regrette un peu de passer, moi-même, beaucoup de temps sur ces réseaux sociaux. Mais je n’ai pas de loisirs en ce moment ». Un lion en cage. Comme quoi, les virologues aussi souffrent des confinements.

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