Hausse des contaminations : Pourquoi il ne faut pas s’inquiéter

Le centre de crise du coronavirus a fait le point sur la situation épidémiologique belge ce mardi, rassurant la population quant à la hausse des contaminations.

Un dépistage en cours à Gand. - BELGA

« Les chiffres sont bons. » Yves Van Laethem a voulu se concentrer sur le positif ce mardi matin, lors de la conférence de presse du centre de crise du coronavirus. « On continue sur le train des bonnes nouvelles. Si la tendance perdure, on devrait passer sous la barre des 500 patients aux soins intensifs à la fin de cette semaine », a-t-il estimé.

Entre le 18 et 24 mai, il y a eu en moyenne 115,3 nouvelles admissions à l’hôpital par jour de personnes positives au Sars-CoV-2, soit une baisse de 13% par rapport à la période de référence précédente. Au total, on recense en Belgique 1.533 malades du coronavirus hospitalisés, dont 542 traités en soins intensifs, soit une diminution de 12% par rapport aux sept jours précédents.

Les décès chutent également. Entre le 15 et le 21 mai, 19,4 personnes ont perdu la vie en moyenne chaque jour des suites du coronavirus. Ce qui représente une baisse de 24%.

La Belgique bientôt verte ?

À l’inverse, du côté des contaminations, la hausse qui avait débuté ce lundi se confirme. 2.382 nouvelles infections au coronavirus ont été détectées en moyenne chaque jour, entre le 15 et le 21 mai, soit une hausse de 10% par rapport à la période de référence précédente. « Cela ne veut pas dire que l’épidémie est en train de redémarrer », tempère Yves Van Laethem, ce mardi matin, expliquant que les jours fériés pouvaient « fausser » le bilan. « On compare des chiffres qui sont difficilement comparables car le nombre de jours sur les deux semaines n’est pas le même. En regardant les chiffres journaliers, on constate toujours une tendance à la baisse. On doit donc s’attendre à ce que la moyenne des contaminations hebdomadaires retourne aussi à la baisse », rassure le scientifique.  

Yves van laethem

Le pourcentage de tests positifs continue d’ailleurs, lentement mais sûrement, de diminuer, indique-t-il. Le taux de positivité s’établit désormais à 5,5%, se rapprochant de plus en plus des 4% qui placeraient notre pays en zone verte au niveau européen. Le taux de reproduction du virus est quant à lui estimé à 0,90. Lorsqu’il est inférieur à 1, cet indicateur signifie que l’épidémie tend à ralentir.

Vigilance pour les vaccinés

La hausse des contaminations s’observe davantage chez les adolescents (+29%). « Cela s’explique par le fait que ce groupe d’âge avait enregistré la plus forte baisse lors du week-end de l’Ascension », relativise Yves Van Laethem.

Chez les personnes plus âgées, notamment chez les 60-80 ans, les chiffres continuent à diminuer. Ce qui confirme l’impact de la campagne de vaccination. Cependant, les chiffres ont augmenté pour la première fois depuis longtemps chez les 90 ans et plus, pourtant vaccinés (+23%). « Ils ne sont pas forcément malades, mais plutôt porteurs du virus. Nous surveillons néanmoins la situation », confie le porte-parole interfédéral.

« La campagne de vaccination se passe bien », constate Yves Van Laethem. Le cap des 6 millions de doses de vaccins administrées a été franchi ce mardi. Autre bonne nouvelle : un taux de vaccination supérieur à 90% est observé chez les plus de 65 ans.

Le scientifique tient néanmoins à mettre en garde les personnes récemment ou partiellement vaccinées. « La vaccination ne protège pas immédiatement, ni entièrement », rappelle-t-il, en particulier, lorsque l’on n’a reçu qu’une seule dose. Or, « ce n’est pas avant le courant du mois d’août qu’on aura pu donner deux doses » à tous les adultes. En attendant, le spécialiste des maladies infectieuses appelle à la vigilance. « Nous constatons que certains patients ont été contaminés quelques jours après l’injection de la première dose de vaccin. Celle-ci ne vous protège pas directement. Le corps a besoin d’une dizaine de jours voire 21 jours pour développer des moyens de défense. Dès lors, personne n’est protégé durant les premiers jours après avoir reçu la première dose », explique-t-il, appelant à respecter les gestes barrière. En ce qui concerne la deuxième dose, celle-ci n’empêche pas non plus d’être infecté, mais bien de développer des formes graves de la maladie.

À ce jour, un peu plus de 47% de la population adulte belge a reçu sa première dose, contre 18,6% des plus de 18 ans entièrement vaccinés.

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