Le Petit Robert a tranché : on dit « le covid »

Ni l'Académie française, ni les grands dictionnaires français ne parviennent à se mettre d'accord sur le genre du mot « covid ». 

Le Petit Robert sur le banc d'un élève. - MAXPPP

Vous dites le ou la Covid ? Depuis l’apparition de cette maladie dont tout le monde parle depuis plus d’un an, chacun a choisi son camp. Dans son édition 2022, le Petit Robert, l’un des deux plus gros dictionnaires de France, estime que le Covid-19 est plutôt masculin. N’en déplaise à l’Académie française qui préconisait l’usage du féminin pour dénommer cette « maladie infectieuse et contagieuse causée par un coronavirus ». Un point de vue partagé par le Larousse, son concurrent qui a annoncé il y a quelques jours son millésime 2022.

Pour le Petit Robert, Covid est « masculin ou féminin », donc plus fréquemment masculin, alors que pour le Larousse, il est « féminin ou masculin » : plus correct en féminin, mais masculin chez de nombreux locuteurs. « C’est l’usage qui fait loi », argumente Le Robert. « Si le féminin est adopté au Canada francophone, le masculin est pour l’instant majoritaire en France, où l’avis de l’Académie française a été rendu tardivement, alors que le masculin était déjà bien implanté ».

En effet, alors que l’acronyme de « Corona Virus Disease » a été adopté par l’Organisation mondiale de la Santé en février 2020, l’Académie française a publié son communiqué le 7 mai, soit trois mois plus tard. Puisque cela correspond à une maladie, il faudrait, selon elle, dire « la covid 19 », au féminin, sans trait d’union et avec une minuscule. Mais pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin ? « Parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du coronavirus, groupe qui doit son genre au nom masculin virus », expliquaient déjà à l’époque les linguistes.  

Covid ou covid ?

Si la question du genre de cette maladie qui a bouleversé le monde entier fait encore l’objet d’hésitations en français, un autre élément fait débat : avec un grand ou un petit « c » ? Le Robert distingue le terme générique de « covid », avec une minuscule, comme dans l’exemple « suspicion de covid », et celui spécifique de « Covid-19 » avec une majuscule. À l’inverse, le Larousse préconise systématiquement la majuscule, donnant comme graphies possibles « COVID-19 ou Covid-19 ».

Cluster, distanciel, déconfinement…

D’autres mots devenus familiers avec la pandémie entrent également dans le dictionnaire. Dans son édition 2022, le Larousse intègre « asymptomatique », « se confiner », « télétravailler » ou encore « cluster », tandis que le Petit Robert ajoute certains mots très courants dans le langage aujourd’hui, comme « déconfinement », « distanciel », « cas contact », et d’autres plus rares, comme « aérosolisation », à savoir la « diffusion aérienne de fines particules par aérosol » ou « saturomètre », désignant un appareil, non pas qui analyse pas la lassitude des citoyens face aux restrictions sanitaires depuis plus d’un an mais « qui mesure la saturation du sang en oxygène ».

Plus d'actualité