Débordements en terrasse : " pas de répercussions sur la pandémie "

Pour Yves Coppieters, les rassemblements de ce week-end ne devraient pas avoir d'impact significatif sur l'évolution de l'épidémie. Il ajoute que selon lui, avec des protocoles stricts, la culture pourrait déjà reprendre la semaine prochaine.

Les foules de Flagey ne devraient pas avoir de conséquences trop lourdes. (Belga)

La réouverture de l’Horeca en extérieur a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme un peu partout en Belgique et parfois, un peu trop. A plusieurs endroits en Belgique, ce retour en terrasse a été un peu trop célébré, menant à des débordements, notamment sur la place Flagey à Ixelles ou encore à Arlon. Les fêtards y étaient très nombreux et les gestes barrières un peu oubliés. 

De quoi permettre aux courbes épidémiques de repartir vers le haut et compromettre le scénario belge du déconfinement ? Pas selon Yves Coppieters. « Fondamentalement, il ne devrait pas y avoir du répercussions sur la pandémie », commente l’épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB.  « Comme tout cela s’est passé en extérieur, il n’y a pas de risque de formation d’un grand foyer de contamination. Dehors, il est compliqué de contaminer toutes les personnes autour de soi par aérosolisation. Par contre, cela ne veut pas dire qu’il n’y aura aucun nouveau cas. Il serait regrettable qu’un participant à ces rassemblements y attrape le Covid et infecte des personnes à risque par la suite, dans sa famille par exemple. »

Ces phénomènes de foules sont peut-être une preuve que la Belgique a trop tardé pour rouvrir les terrasses. « C’est l’expression que cela était attendu depuis longtemps », estime Yves Coppieters, qui précise qu’il s’agit de son point de vue d’épidémiologiste et non d’une analyse sociologique. « Ce Plan Plein Air aurait pu être mis en application il y a un mois et demi lorsqu’il a été annoncé. Mais je pense que ces rassemblements sont un phénomène aigu lié à cette envie de relâchement et qu’il s’estompera au fur et à mesure que les gens vont reprendre une vie normale. C’était une réaction positive et enthousiaste qui montre qu’il était temps. »

« Pas comparable »

Avec la reprise des cours en présentiel de la maternelle au secondaire, cela fait deux mesures d’assouplissements importantes en trois jours environ. Cela peut sembler risqué, mais pour l’expert, ça n’est pas le cas. Ces deux allègements ne peuvent pas être mis sur un même pied d’égalité.

D’un côté, nous avons la reprise des terrasses, « qui sont en extérieur et ne concernent même pas tout l’Horeca », ce qui est peu dangereux sur un plan sanitaire. De l’autre, des lieux fermés avec une vingtaine de personnes par local.  « Cela pourrait augmenter la pression en termes de circulation du virus. C’est pour cela que des mesures importantes d’aération ont été prises. »

Mais pour l’épidémiologiste, sur le plan psychosocial, la reprise en présentiel était importante, surtout qu’une bonne partie de la population à risque est déjà vaccinée.

La culture ? La semaine prochaine

Demain mardi se tiendra un Comité de concertation et le Gouvernement devrait communiquer de nouvelles mesures, ou en tout cas des précisions sur celles déjà annoncées et prévues, comme la reprise de l’Horeca en juin.

Pour Yves Coppieters, il est également temps de laisser le secteur culturel travailler. « Il n’est pas forcément nécessaire d’attendre les protocoles à moindre risque liés aux événements-tests. Si on réutilise les protocoles sanitaires de septembre, avec jauges réduites, ventilation, etc., la culture pourrait reprendre dès juin ou même à la mi-mai. »

Par contre, les rumeurs du retour au bureau l’inquiètent. « Il faut donner un message clair concernant le télétravail. Relâcher de ce côté serait une erreur. Sauf si ça ne se justifie pas économiquement, il serait préférable de le maintenir au moins jusqu’à l’été. »
 

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