Un concert-test au petit théâtre de Spa, mais pour quoi faire ?

Ce vendredi soir a lieu le premier événement culturel test de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une initiative fort timide qui arrive bien tard.

5.000 fans entassés, sans masque, lors d'un concert

C’est une expérience au temps du Covid, mais c’est aussi le premier concert depuis des lustres. Ce soir, le groupe Ykons se produit au petit théâtre de Spa, devant un parterre à moitié rempli. 220 personnes se présenteront masquées et assises en suivant un protocole strict pour éviter tout croisements et attroupements.

En clair : port du masque, un siège sur deux et trois tests de dépistage : le premier rapide et préventif à l’entrée de la salle ; le deuxième, un test PCR toujours à l’entrée de la salle ; et le troisième PCR, sept jours plus tard.

Le public comprendra 220 personnes sélectionnées au hasard parmi ceux qui se sont inscrits sur la plateforme www.goforculture.be. Un deuxième groupe sera lui aussi testé, mais n’assistera pas au concert. Il s’agit d’un groupe de « contrôle », c’est-à-dire qui constituera un point de comparaison pour tirer des conclusions solides.

DR

Explications avec Damien Bertrand, le directeur commercial de DNAlytics, qui aura la tâche d’analyser les données récoltées : « En arrivant sur le site, les participants devront faire un test antigénique rapide. Ensuite ces participants feront un test PCR salivaire. Il y a aura deux tests. Puis, ils pourront assister au concert dans le respect des mesures sanitaires. Sept jours après l’évènement, les participants devront faire un autre test PCR. C’est la comparaison des deux tests PCR qui permettra de vérifier qu’il n’y a pas eu d’infections. Un deuxième groupe participera également au test. C’est ce qu’on appelle un groupe contrôle. Ils ne participeront pas au concert. Ils seront aussi testés. Cela nous permettra de comparer les infections dans un groupe qui vit normalement et dans un groupe qui assiste au concert ».

Un concert test pour quoi faire ?

Ce premier concert test fait partie des six événements culturels approuvés par la FWB afin de voir si on peut vivre la culture au temps du covid. Mais ces concerts représentent un éclairage scientifique pour l’avenir et non un gage pour une reprise. Comme le dit la ministre Bénédicte Linard : « Les protocoles sûrs établis en concertation avec le monde culturel existent déjà pour des reprises à jauges réduites. Il est donc évident que ces tests ne doivent pas constituer un préalable à la reprise de la culture et ne doivent pas être menés dans des conditions si strictes qu’elles ne permettraient pas une reprise durable et soutenable. Le travail se poursuit intensément afin de fixer les modalités des cinq autres tests prévus et poursuivre ainsi notre objectif de produire du savoir scientifique en vue du passage d’une gestion de crise à une gestion de risques ».

En un mot comme en cent : à quoi ça sert ? De nombreux concerts-test ont déjà eu lieu à travers l’Europe, notamment en Allemagne et à Barcelone où cinq mille personnes se sont retrouvées sans créer aucun cluster. Tout récemment, à Liverpool, ils étaient plusieurs milliers à assister à un concert debout, sans distanciation sociale, sans masque, à l’ancienne. Ce concert assis de 220 personnes semble un peu ridicule en comparaison et surtout arrive bien tard, alors que la vaccination augmente et que la culture se déconfine sans attendre les autorités et les résultats de quelques « expériences ». Pour beaucoup d’acteurs du secteur culturel, ces événements cherchent surtout à gagner du temps pour faire passer la pilule. Fondamentalement, ils ne vont rien changer à la situation. Le secteur culturel sait qu’il dépend de l’avancement des vaccinations, pas d’expériences qui ont, de toute manière, déjà été faites ailleurs.

Sur le même sujet
Plus d'actualité