La Boum, pas la guerre

Dans la lutte contre le virus, les collabos et les résistants ne sont pas ceux qu’on pense.

La Boum @Isopix

À peine les blessures pansées et les débats refroidis, s’annonce une Boum 3 pour le 29 mai, toujours dans le bois de la Cambre. Comme dans une saga cinématographique, du Parrain aux Bronzés, c’est rarement le troisième épisode qui est le plus indispensable. L’histoire prétexte de l’Abîme ne change pas: faire une fête en plein air pour éviter la détresse des jeunes tout en prouvant qu’elle peut s’organiser sans heurts ni contaminations. En matière de gestes barrières ou pacifiques, on ne peut pas écrire que l’épisode du 1er mai ait pleinement joué son rôle. Même si des jeunes filles en auront profité pour fêter un 16e anniversaire et quelques curieux pour respirer pour la première fois des lacrymogènes, on cherche toujours le sens profond de la démarche.

La fête du (télé)travail aura surtout servi à dire en groupes son ras-le-bol personnel. Il est compréhensible, parfois même, comme dans le milieu de la culture, intelligemment exprimé pour éviter tout risque sanitaire. On voudrait tous que les scènes et le cinéma redeviennent vivants, mais cette phrase ne devrait jamais être prononcée sans ajouter “dès que le Covid le permettra”. C’est même ce que devrait toujours préciser le journaliste qui tend son micro à un restaurateur désespéré par le gouvernement.

Depuis le début de la crise, les médias n’ont pas épargné sa gestion politique. Ils continuent en relayant les voix d’Yves Coppieters ou de Marius Gilbert qui pressent les autorités à changer de stratégie parce qu’une “libération” est possible. Mais ils ont aussi le devoir de collaborer à la responsabilité collective en rappelant des vérités qui fatiguent. Récemment, la une du Monde montrait une visualisation saisissante des 100.000 victimes fran­çaises du Covid. On voyait clairement que la 2e vague avait été beaucoup plus longue et mortelle que la première (en Belgique aussi). Nous avons pourtant la sensation qu’en comparaison de l’irruption du virus, ce n’était qu’une parenthèse, une longue attente avant une délivrance qu’on nous doit, “dès que le Covid le permettra”.

 

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