Covid-19: la Task Force planche sur une vaccination des jeunes dès l’été

Le groupe de travail pourrait décréter qu’il serait intéressant d’étendre la vaccination aux moins de 18 ans et ce pour plusieurs raisons.

Un jeune Israélien de 16 ans tenant une dose du vaccin anti-Covid Pfizer @BelgaImage

Une fois les adultes vaccinés, passera-t-on aux mineurs? C’est la question sur laquelle travaille aujourd’hui la Task Force vaccination. Selon De Morgen, elle doit remettre un avis sur les vaccins anti-Covid chez les enfants et adolescents. Le comité pourrait ainsi suggérer au gouvernement que les moins de 18 ans puissent avoir accès à ce traitement qui leur est pour l’instant interdit. Cette perspective paraît en tout cas déjà cohérente selon certains membres du groupe de travail. De nombreux arguments les incitent à aller en ce sens et si cela est accepté, les mineurs seraient vraisemblablement divisés par classe d’âge.

Les 16-17 ans, puis les 12-15 ans?

Le principal argument pour étendre la campagne de vaccination aux jeunes concerne en effet seulement les 16-17 ans. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a déjà donné son feu vert à Pfizer pour que son produit soit administré aux adolescents de cet âge-là. En théorie, rien ne s’oppose donc à ce que les 16-17 ans soient vaccinés. Seul manque l’aval de la Task Force puis de l’exécutif belge. Pierre Van Damme, membre de ce groupe de travail, est déjà favorable à ce que cette étape soit franchie et ce dès les vacances d’été.

Pour l’instant, vacciner les moins de 16 ans n’est pas sur la table de discussion, mais cela pourrait ne pas tarder. Vendredi dernier, Pfizer a remis à l’EMA des résultats très positifs de tests cliniques portant sur l’administration de ses doses chez les 12-15 ans. Selon la firme pharmaceutique, l’efficacité chez cette tranche d’âge serait de 100% pour prévenir les infections au coronavirus. L’EMA pourrait donner son autorisation d’ici juin et si c’est le cas, la Belgique pourrait suivre pour vacciner les 12-15 ans dès septembre. Mais pour l’instant, cela est de l’ordre de l’hypothèse. Les autres producteurs de vaccins planchent également sur des essais cliniques chez les enfants.

Une immunité collective difficile à atteindre sans eux

Si des membres de la Task Force voient d’un si bon œil la vaccination des jeunes, c’est dans l’optique d’atteindre l’immunité collective. Selon Statbel, plus de 2.300.000 Belges ont moins de 18 ans. C’est un cinquième de la population du pays. Sans eux, remplir l’objectif d’immunité collectif semble difficile. Pour l’instant, le gouvernement vise le seuil de 70% d’adultes vaccinés mais selon l’Institut Pasteur, ce ne sera pas assez. Début avril, sa dernière modélisation a montré qu’il «faudrait que plus de 90 % des adultes soient vaccinés pour qu’un relâchement complet des mesures de contrôle soit envisageable». Un pourcentage difficile à atteindre en prenant en compte les personnes réticentes aux vaccins. Mais selon l’Institut Pasteur, «s’il est démontré que les vaccins sont sûrs chez les enfants et qu’ils réduisent efficacement la susceptibilité [risque d’infection] dans cette population, la vaccination de 60-69 % des 0-64 ans et de 90 % des plus de 65 ans pourrait permettre le relâchement complet des mesures de contrôle».

Le sujet préoccupe d’autant plus le groupe de travail qu’il est désormais avéré que les jeunes sont des vecteurs de propagation du coronavirus. «Les adolescents et les enfants peuvent rarement tomber malades eux-mêmes, mais ils peuvent transmettre le virus à leur grand-mère atteinte d’un cancer ou à leur grand-père chez qui les effets protecteurs du vaccin peuvent s’affaiblir au fil du temps», s’inquiète auprès du Morgen Isabel Leroux-Roels, vaccinologue à l’UZ Gand.

Une question qui se pose à l’échelle mondiale

Tous ces éléments amènent les différents pays à envisager une vaccination des jeunes. Aux États-Unis, le désormais célèbre Dr Anthony Fauci a déclaré en mars que les lycéens pourraient «très probablement se faire vacciner au début de l’automne». Il estime également que «les enfants des écoles primaires pourront probablement être vaccinés d’ici le tout premier trimestre de 2022». En Israël, leader mondial dans les campagnes de vaccination contre le Covid-19, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé le 20 avril être favorable à ce que les enfants soient vaccinés, sans précision supplémentaire.

En Belgique, il existe déjà certains jeunes de moins de 18 ans vaccinés contre le Covid-19, mais il s’agit de rares exceptions. Interrogée à ce propos par l’épidémiologiste Yves Coppieters, la Task Force vaccination a précisé en février dernier qu’il s’agissait de stagiaires en maisons de repos ou en hôpitaux et venus de l’enseignement professionnel. «C’est une chose totalement normale», avait-elle expliqué.

L’atteinte des objectifs de vaccination chez les adultes pourrait se concrétiser dès le mois de juillet si tout va bien. Cela laisserait la porte ouverte à la vaccination des 16-17 ans à partir de ce moment-là.

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