Du monde à Middelkerke pour l’ouverture des terrasses

Le bourgmestre a pu rouvrir les terrasses grâce à une astuce juridique, ce qui n’a pas manqué d’attirer les touristes. Une initiative qui est loin de faire consensus.

Des touristes attablés sur une des terrasses de Middelkerke, ce samedi 1er mai 2021 @BelgaImage

Ce samedi, un grand soleil illuminait la côte et bien que l’horeca soit en théorie fermé jusqu’au 8 mai, le bourgmestre de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker (droite radicale), n’a pas voulu attendre jusque-là. Il voulait que les terrasses soient présentes dès ce week-end et c’est ce qu’il s’est passé. Restos et bars ont pu servir les clients sur les deux kilomètres de la digue et ce sans être inquiétés par la police! Une initiative unique en Belgique qui a bien évidemment attiré du monde, au prix d’une petite polémique en Flandre.

Un stratagème payant

Si la digue était plutôt calme durant la matinée, une véritable foule s’est emparée des lieux au cours de l’après-midi. Des petits groupes ont même improvisé des danses et des concerts de guitare, comme pour représenter la culture, elle aussi confinée. Un engouement qui a bien évidemment réjoui les restaurateurs locaux. Certains ont vu leur chiffre d’affaires bondir de 100% par rapport à la semaine passée, lorsqu’ils étaient limités aux livraisons à domicile. Et lorsque le bourgmestre s’est aventuré sur le front de mer, celui-ci a été accueilli par des applaudissements. «C’est formidable que les gens soient heureux et que mon idée soit appréciée. J’ai dû travailler dur pour y parvenir, mais tout s’est déroulé selon les règles de l’art», confie-t-il au Nieuwsblad.

Car en effet, contrairement à ailleurs, les restaurateurs n’ont pas eu à craindre les réprimandes des forces de l’ordre. Pour que cela soit possible, Jean-Marie Dedecker a usé d’un petit stratagème. Il a supprimé les licences des terrasses de l’horeca pendant une semaine, ce qui a eu pour effet de rendre cet espace public. La commune a ensuite mis elle-même près de 200 tables sur la digue. De cette façon, les restaurateurs pouvaient servir les clients depuis leurs établissements, comme s’ils faisaient du take away, sans avoir aucune responsabilité légale pour la terrasse.

«Une victoire du bon sens» ou «un risque inutile»?

Pour le bourgmestre, cette initiative sonne comme une réussite. Il fait valoir une «victoire du bon sens» et cite même le virologue Marc Van Ranst pour expliquer qu’il n’est pas risqué d’avoir des terrasses sur la digue, grâce à une bonne exposition au vent marin. «Marc Van Ranst lui-même m’a dit que l’air était sain ici», déclare-t-il

Bien entendu, le virologue a tenu à répliquer, et pas pour approuver l’édile. Certes, il a affirmé que le risque de contamination en plein air sur la digue était faible, mais ça, c’était dans l’hypothèse où il était possible d’adopter les gestes barrières. Mais ce samedi, avec la foule amassée sur la digue, il n’était pas toujours évident de respecter la distance sociale. «Le bourgmestre a voulu se démarquer et il a réussi. Il n’était pas difficile de prévoir que beaucoup de gens allaient venir. C’est comme ça qu’on crée un événement. En tant que bourgmestre, il doit être plus intelligent», a confié Marc Van Ranst à Het Laatste Nieuws. «C’est un risque inutile», conclut-il.

Auparavant, le virologue avait estimé qu’une réouverture des terrasses le 1er mai représentait un risque «minime» pour la situation sanitaire. Selon lui, ouvrir ce jour-là ou une semaine après ne changeait pas grand-chose. Par contre, il avait mis en garde le bourgmestre de Middelkerke sur sa décision de rouvrir les terrasses à l’avance par rapport au reste du pays, craignant un afflux de touristes. Ça n’a pas manqué!

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