Contre le Covid-19, une nouvelle répartition des vaccins

Que va faire la Belgique de ses vaccins Johnson & Johnson ? La décision est tombée ce samedi. Changement de stratégie aussi pour celui d'AstraZeneca.

La campagne de vaccination s'adapte à nouveau. - BELGA

Dans la lutte contre le coronavirus, la Belgique peut compter pour l’instant sur quatre vaccins: Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson&Johnson. Mais ces deux derniers ont essuyé de multiples déboires, obligeant les autorités à redistribuer les cartes de la stratégie vaccinale belge.

Johnson&Johnson pour tous

Dernier arrivé, dernier critiqué. Le sérum développé par l’entreprise pharmaceutique américaine a défrayé la chronique, avant même que la vaccination ait pu démarrer en Europe, après la recommandation de Washington de suspendre son utilisation afin d’enquêter sur l’apparition de cas graves de caillots sanguins chez six personnes aux Etats-Unis. Six cas sur plus de 6,8 millions de doses administrées : l’extrême prudence dont ont fait preuve les autorités américaines pourrait être qualifiée de déraisonnable, si l’enjeu et le contexte n’étaient pas aussi délicats. Finalement, la vaccination avec Johnson&Johnson a pu reprendre ce vendredi. En Europe aussi, l’Agence européenne des médicaments a donné à nouveau son feu vert mardi, jugeant que « les avantages l’emportent sur les risques ». Restait à savoir à quelle sauce il allait être mangé.

Les ministres belges compétents en matière de santé publique se sont penchés sur la question ce samedi. Conclusion : le vaccin, dont la principale particularité est qu’il ne fonctionne qu’avec une seule dose, sera administré à tous les plus de 18 ans, sans aucune limite d’âge.

AstraZeneca dès 41 ans

Ce n’est pas le cas du celui d’AstraZeneca. Actuellement administré uniquement aux personnes de plus de 56 ans, en raison de risques rares de thromboses, le vaccin mal aimé, développé par le groupe pharmaceutique suédo-britannique avec l’université d’Oxford, était aussi à l’ordre du jour.

Les ministres ont finalement décidé de l’étendre dès l’âge de 41 ans. Pour cela, ils se sont basés sur de nouvelles données – plus précises – communiquées vendredi par l’Agence européenne des médicaments. En comparant le nombre d’hospitalisations évitées avec le nombre de cas de thromboses attendus, par tranche d’âge et en fonction de différentes situations épidémiologiques, son Comité de vigilance est arrivé à la conclusion que plus on est vieux, plus les bénéfices du vaccin AstraZeneca augmentent. Même chose avec le niveau d’infection de la population.

Toute personne ayant déjà reçu une première dose de ce vaccin recevra la deuxième, qu’importe son âge.

Les femmes enceintes bientôt prioritaires ?

En outre, le Conseil supérieur de la Santé a estimé jeudi que toutes les femmes enceintes devraient idéalement être vaccinées en priorité dans le cadre de la phase 1b, qui cible les personnes de plus de 65 ans, celles avec comorbidités ou une priorité de type « éthique » ou encore celles exerçant une fonction sociale et/ou économique essentielle.

Le Conseil supérieur de la Santé a changé d’avis concernant les femmes enceintes, « en raison du risque accru pour la mère de développer une Covid-19 sévère et d’accouchement prématuré ». Pour les femmes souhaitant l’être, pas d’objection non plus car, même si les données sont encore limitées, les données animales existantes ne montrent pas d’impact de la vaccination en phase pré-conceptionnelle.

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