Covid-19 en Belgique : une situation peu rassurante

Les contaminations baissent, certes, mais d'autres indicateurs restent inquiétants, comme la situation dans les unités de soins intensifs et le taux de positivité très élevé.

Dans un hôpital à Anvers. - BELGA

Yves Van Laethem est formel. « La pause de Pâques a eu un effet positif, c’est indéniable, mais n’a pas entraîné la diminution souhaitée. » Les indicateurs de l’épidémie tendent à diminuer – doucement -, « mais le taux d’occupation des hôpitaux reste à un niveau extrêmement important », et spécialement aux soins intensifs, souligne le porte-parole, lors de la conférence de presse du Centre de crise.   

Au total, 3.114 personnes sont actuellement hospitalisées en raison du Covid-19 en Belgique, soit une diminution « très modeste » de 3% en une semaine. La situation est particulièrement tendue dans les unités de soins intensifs, où les chiffres repartent légèrement à la hausse avec 938 lits occupés. Un niveau très proche du « pic » de 947 lits atteint mardi dernier. Le lendemain, SPF Santé Publique avait tiré la sonnette d’alarme, précisant que 96% des lits disponibles dans le pays étaient occupés. « Il ne reste que 86 lits de soins intensifs agréés disponibles, soit moins d’un lit par hôpital », alertait le service public. Cette inquiétude s’entendait également dans la voix de Yves Van Laethem ce mardi matin. « On est très proche du maximum pour les soins intensifs, pratiquement tous les lits sont occupés, ce qui laisse peu de place pour les situations urgentes », explique-t-il.

Avec les vacances de Pâques, nous sommes désormais sur un plateau. Au niveau des hospitalisations, l’infectiologue décrit la courbe actuelle comme « une sorte de colline arrondie », plutôt qu’une évolution « très nette et marquée », comme les pics de la première et deuxième vague.

Contaminations en baisse

Quant aux contaminations, elles sont aussi en légère baisse. Entre le 10 et le 16 avril, 3.448 nouvelles infections au coronavirus ont été détectées en moyenne chaque jour, soit un recul de 2% par rapport à la semaine précédente. Sans tenir compte du lundi de Pâques, la diminution aurait été plus significative et s’élèverait à 16%, note Yves Van Laethem. Une hausse est néanmoins attendue ces prochains jours. En cause : la reprise des cours en présentiel, qui « va relancer le testing massif dans les établissements scolaires », prévient l’infectiologue.  

Yves Van Laethem

Toujours entre le 10 et le 16 avril, 39 personnes sont décédées par jour en moyenne des suites du virus (-9%), portant le bilan à 23.782 morts depuis le début de la pandémie. Le taux de reproduction du virus est à 0,96. Quelque 40.000 tests en moyenne ont également été effectués quotidiennement (-6%), pour un taux de positivité de 9,8%.

Mais taux de positivité élevé

Ce dernier indicateur, soit le pourcentage de tests anti-Covid positifs par rapport au nombre total de tests effectués, inquiète particulièrement les experts. Car, depuis plusieurs semaines, il ne cesse d’augmenter, alors que les contaminations, elles, baissent. Ce qui n’est jamais bon signe. Pour expliquer cette situation, on peut pointer plusieurs facteurs, comme les variants, plus contagieux, mais aussi, selon la RTBF, les vacances et les autotests.

Pendant leurs congés, les Belges sont effectivement moins enclins à se faire dépister. « Ils laissent la maladie suivre son cours et ne se font dépister que lorsqu’ils tombent vraiment malades », s’inquiétait lundi passé le biostatisticien Geert Molenberghs, interrogé par la Gazet van Antwerpen. Moins de tests effectués, surtout chez les personnes asymptomatiques ou présentant peu de symptômes, signifie davantage de résultats positifs.

Autre élément qui explique peut-être cette hausse du taux de positivité, les autotests ont été lancés en pharmacie au début des vacances de Pâques. 140.000 ont été vendus lors de leur première semaine de mise sur le marché, du 6 au 13 avril, selon l’Association pharmaceutique belge citée par la RTBF. Cela équivaut à 20.000 autotests par jour, soit le nombre moyen de tests PCR en moins pendant cette semaine de vacances. Si cela n’explique pas tout, un certain nombre de Belges ont certainement préféré cette solution de facilité. Or, il est peu probable que celles et ceux qui ont reçu un résultat négatif aient ensuite réalisé un PCR.

Autotest

Quoi qu’il en soit, pour le porte-parole interfédéral Steven Van Gucht, cela prouve que « la circulation du virus reste importante ». Au niveau provincial, c’est Namur qui enregistre à ce jour le plus haut taux de positivité (13,9%), suivi par le Hainaut (13,4%), Liège (12,2%) et Luxembourg (12%).

Malgré des chiffres peu rassurants, Yves Van Laethem reste confiant. « On est convaincus qu’on peut continuer à évaluer favorablement, ceci grâce à la vaccination et l’application des fameuses règles d’or », comme la distanciation sociale, le port du masque et le lavage des mains.

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