Faut-il craindre le variant brésilien?

Au Brésil, mais aussi en Inde, se développent de nouvelles formes du Covid particulièrement virulentes. Mais rien ne dit encore qu’elles invalideront notre stratégie de vaccination.

Covid-19 - Variant brésilien @BelgaImage

Ce sont des images terribles qui se sont invitées dans les JT, ces derniers jours, en ­provenance du Brésil. Dans un hôpital de São Paulo, des soignants débordés ne savent plus comment ­prendre en charge les malades. Des unités Covid qui débordent, des soignants épuisés… On a déjà vu ces images à ­Bergame, à Milan, à Londres, à Paris, à Liège et ailleurs. Sauf qu’ici, la majorité des malades ont moins de 40 ans. Les morts se comptent par milliers chaque jour. Un nouveau variant, particulièrement agressif pour les jeunes en bonne santé, pourrait être à l’œuvre dans ce pays. Un variant tueur, qui échapperait à l’immunité offerte par les vaccins. Un scénario catastrophe.

Avec ses 360.000 morts pour 210 millions d’habitants, le Brésil est un des pays les plus touchés et les plus endeuillés par la pandémie. Bien qu’atteint lui aussi par le virus l’été ­dernier, le président populiste Jair ­Bolsonaro continue de s’opposer à ­toutes mesures de confinement destinées à limiter sa propagation. L’épidémie y est désormais hors de contrôle. Une véritable catastrophe humanitaire selon Médecins sans frontières qui dénonce l’absence de volonté politique de la part des autorités brésiliennes pour juguler le problème. Le variant brésilien, dit variant “P1”, serait à la fois plus contagieux et provoquerait des formes plus graves de la maladie que le variant traditionnel. Mais la très forte circulation du virus, sans véritable mesure de contrôle, a fait de cet immense pays une véritable “usine à variants”, selon les termes employés par un médecin infectiologue brésilien interrogé sur France 24. Plus de 92 variants y auraient déjà été découverts. Un chiffre probablement sous-estimé.

Alors que la vaccination bat son plein en Europe, on craint désormais que l’arrivée de ces variants résistant au vaccin ne vienne mettre à mal la stratégie de sortie de crise sur laquelle elle repose. Le scénario catastrophe serait une nouvelle flambée épidémique l’hiver prochain, avec un nouveau lockdown et de nouvelles surcharges hospitalières, malgré un taux de vaccination optimal dans la population. Mais il ne sert à rien de paniquer à ce stade. “Ce scénario catastrophe ne se produira sans doute pas de cette manière”, tempère Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB. Car si les vaccins sont sans doute moins efficaces contre les variants brésiliens (on n’a pas encore de chiffres précis), ils le sont tout de même probablement en partie. En cas d’arrivée de ces souches chez nous l’hiver prochain, il pourrait donc y avoir des nouveaux cas de contamination, mais pas forcément aussi nombreux que dans une population non vaccinée, et pas forcément avec un nombre important de formes graves qui mettrait à mal le système hospitalier.

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