Vaccination : Bruxelles fait bande à part

Dès ce lundi, la plateforme de rendez-vous pour une vaccination last-minute Bruvax sera accessible aux Bruxellois. Un système unique en Belgique, puisque les deux autres régions ont lancé Qvax deux semaines auparavant.

Devant le centre de vaccination du Heysel. - BELGA

18,5%. C’est le pourcentage de Bruxellois qui ont reçu une première dose depuis le début de la campagne de vaccination, lancée fin décembre. La capitale est en retard par rapport à ses régions voisines : 23,8% en Flandre et 23,3% en Wallonie. Mais cela s’explique. La moyenne d’âge est plus jeune à Bruxelles et le personnel des hôpitaux et des maisons de repos vaccinés lors de la première phase n’y résident pas forcément. Des discussions sont d’ailleurs en cours avec le nord et le sud du pays afin qu’elle puisse récupérer 60.000 vaccins qui ont été administrés dans les centres de la capitale aux non-Bruxellois, a indiqué jeudi le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, en commission du parlement régional.

Liste d’attente, mais pas seulement

Bruxelles est également en retard sur un autre point : la liste d’attente. Alors que l’outil Qvax, lancé le 6 avril, a déjà permis à 11.000 Wallons et Flamands de se faire vacciner, les Bruxellois, eux, patientent encore. La Région a décidé de mettre en place son propre système Bruvax, qui sera accessible dès ce lundi 19 avril. Soit deux semaines après ses voisines. En cause, la plateforme informatique interfédérale Doclr est jugée trop compliquée, trop lente et peu adaptée aux « besoins spécifiques » de la capitale multiculturelle. Les autorités locales ont donc décidé de se tourner vers un autre outil, géré par Doctena, pour permettre aux habitants qui le désirent de s’inscrire comme réservistes et bénéficier d’une dose en dernière minute.

À l’inverse de Qvax, la version bruxelloise sert également d’outil de réservation en ligne. Les volontaires pourront dès lors choisir le centre dans lequel ils souhaitent se faire vacciner et à quelle heure.

Plus rapide, mais pourquoi ?

Reste à voir si cette exception permettra à Bruxelles de redorer la campagne de vaccination, à l’heure où le taux de vaccination est plus bas que souhaité. Moins de 70% des plus de 75 ans ont accepté de se faire vacciner, contre près de 90% en Flandre. Y aurait-il davantage d’antivax francophones ? C’est possible, selon les autorités. « Pas mal de personnes ont annulé leur rendez-vous depuis la semaine dernière et les différentes annonces à propos du vaccin AstraZeneca. Une peur s’est un peu installée », explique Inge Neven, la responsable du service d’hygiène de la Commission communautaire commune. 10% des seniors qui devaient recevoir le vaccin mal-aimé se sont finalement désistés ces derniers jours. Inge Neven pointe également le côté multiculturel de la capitale, avec des personnes parfois difficiles à joindre. Une nouvelle campagne de sensibilisation à la vaccination va donc être lancée dans les prochains jours pour tenter de les atteindre.

En attendant, grâce à une population plus jeune et plus méfiante, la campagne de vaccination avance plus rapidement à Bruxelles. Depuis ce mardi, on vaccine déjà des personnes de 56 ans et plus, alors que la Wallonie et la Flandre cible encore les soixantenaires et les personnes avec comorbidités.

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