Shopping et voyages: où les Belges pourront aller à l’étranger?

Dès ce lundi, il sera possible de quitter la Belgique mais pas n’importe où ni n’importe comment.

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Le comité de concertation (Codeco) l’a confirmé mercredi: l’interdiction des voyages essentiels sera levée ce 19 avril et quitter la Belgique ne sera plus que déconseillé. Mais contrairement aux apparences, cela ne veut pas dire que la liberté de circulation sera complètement rétablie. Il n’est même pas garanti que les Belges puissent faire une petite virée shopping de l’autre côté de la frontière sans contrainte. Alors où peut-on aller à l’étranger dès lundi, que ce soit pour une journée dans les magasins ou pour partir en vacances? On fait le point.

Les magasins en France et en Allemagne? Oui mais non

Naturellement, la première destination shopping pour les Belges francophones, ce sera la France. Oui, sauf que ce serait oublier que ce pays est confiné. Les Français ne peuvent même pas se déplacer à plus de 10 km de chez eux sans autorisation! Les Belges bénéficient toutefois d’un petit «privilège». Le Quai d’Orsay permet aux frontaliers d’entrer sur le territoire français jusqu’à 30 km à partir de leur domicile et ce pour moins de 24 heures. En se conformant à ces obligations, il est possible pour eux d’aller en France sans aucune restriction sanitaire. Mais pour faire une razzia dans les magasins à Lille, Charleville ou Metz, il va falloir patienter. Les centres commerciaux de plus de 10.000 m² sont fermés, tout comme les magasins non-essentiels, et le couvre-feu commence à 19 heures. Autrement dit, les frontaliers pourront au mieux faire une belle promenade et s’acheter un sandwich tout en restant assez proches de chez eux. Pour le reste, il faudra attendre que la France commence à se déconfiner, ce qui ne devrait pas arriver d’ici mi-mai.

Pour l’Allemagne, c’est un peu différent. À l’heure actuelle, ce sont les régions (Länder) qui établissent les règles. Deux d’entre elles se situent à la frontière avec la Belgique: la Rhénanie du Nord-Westphalie (NRW, où se trouve Cologne), et la Rhénanie-Palatinat (RP, où se situe Trèves). En NRW, il «n’y a qu’une obligation de mise en quarantaine si, contrairement à l’obligation en vertu de la loi fédérale, elles n’ont pas subi de test d’entrée», soit PCR, soit antigénique. En RP, c’est encore plus simple: il n’y a ni quarantaine, ni test pour les passages de moins de 24 heures (y compris pour faire du shopping). Un voyage d’un jour dans ces régions est donc possible, mais il y a un bémol. Le pays subit une grosse vague épidémique qui tend à rivaliser avec les chiffres de la deuxième vague. Du coup, les commerces non-essentiels sont très souvent fermés et quand ils sont ouverts dans certains arrondissements, il faut parfois un test négatif. Cerise sur le gâteau: l’État fédéral pourrait édicter un confinement national dans les prochains jours. Bref, l’heure n’est pas vraiment à la détente!

Pas de shopping aux Pays-Bas mais au Luxembourg, oui!

Pour ceux qui comptaient remplacer Lille ou Cologne par Maastricht, pas de bol: les Pays-Bas exigent une quarantaine à l’arrivée du pays, qu’importe la durée du séjour. Autant donc faire une croix là-dessus.

Reste une alternative, le Luxembourg. Et là, la chance sourit enfin: il n’y a ni quarantaine, ni test au programme, et les magasins sont ouverts. Le gouvernement luxembourgeois précise même que «les citoyens de l’UE et des pays associés à l’espace Schengen sont libres d’entrer sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg, indépendamment de l’objet du séjour et non seulement pour rejoindre leur domicile». Seuls ceux venant en avion devront faire un test mais on imagine mal des Belges choisir ce mode de transport. Il est donc tout à fait possible de faire une journée shopping dans les rues de Luxembourg-ville. Par contre, il ne faut pas trop rêver: les restaurants et les bars sont fermés.

Pour les voyages, voici le nouveau guide de l’ECDC

Après la question du shopping, passons aux (vrais) voyages. Comme auparavant, il va falloir remplir le formulaire de localisation du passager (PLF) pour tout déplacement de plus de 48 heures à l’étranger. Mais contrairement à avant janvier, le SPF Affaires étrangères n’utilisera plus sa propre carte pour renseigner les Belges sur les restrictions sanitaires à l’étranger. Il faudra désormais se référer à celle de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies). L’Europe est ici divisée en quatre couleurs: vert, orange, rouge et rouge foncé. Cela permet de savoir ce que les voyageurs belges devront faire lors du retour en Belgique.

Pour les deux nuances de rouge, il faudra une quarantaine et deux tests une fois rentré au bercail. Pour le vert et l’orange, c’est le PLF, qui est obligatoire pour tous les voyages, qui déterminera s’il y a eu un contact ou un comportement risqué du point de vue sanitaire susceptible d’imposer aux voyageurs les mêmes mesures qu’en zone rouge. S’il s’avère que c’est le cas, un SMS sera envoyé pour informer de cette obligation.

Un choix très restreint de destinations

Pour avoir toutes les chances de partir tranquille, il faut donc se tourner vers ces fameuses zones vertes et oranges. Mais en date du 15 avril, elles sont peu nombreuses. Il y a le Portugal, l’Islande, Malte, la Norvège (sauf la région d’Oslo), la Finlande (hormis Helsinki), le Danemark (sauf la région de la capitale, Copenhague), l’Irlande (encore une fois sans la capitale, Dublin) et enfin quelques régions d’Espagne (Baléares, Communauté valencienne, Estrémadure et Galice). Tout le reste est rouge.

Pour finir, il ne faut pas oublier les restrictions sanitaires locales. En Espagne et à Malte, un test négatif suffit pour entrer dans le pays. Ailleurs, c’est plus compliqué. Une quarantaine est demandée en Irlande, Islande, Norvège et au Danemark. En Finlande et au Portugal, les touristes belges ne peuvent tout simplement pas entrer sur le territoire sauf pour raisons essentielles. Pour les autres destinations, le site du SPF Affaires étrangères donne les mesures en vigueur. Autrement dit, pour partir en vacances en ne devant avoir qu’un test négatif, il n’y a pas d’autre choix que l’Espagne et le petit archipel maltais, du moins pour l’instant. Un panel restreint mais qui permet de changer d’air. Rappelons au passage que dans tous les cas, les autorités conseillent d’attendre encore avant de partir à l’étranger, quoi qu’il arrive.

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