La bulle de 1 a explosé (mais pas chez tout le monde)

Une partie significative des Belges ne respecte plus du tout la limite des contacts, mais des nuances apparaissent en fonction des régions, de l’âge et du sexe.

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Ce mercredi, le comité de concertation (Codeco) a décidé d’élargir la bulle sociale d’ici les prochaines semaines. Mais au fond, il semble que cela ne fasse que légaliser une pratique déjà bien répandue. Selon le GEMS, nombreux sont les Belges à ne plus limiter leurs contacts à 1 en intérieur. Le dernier rapport du groupe d’experts donne les chiffres suivants: les Wallons ont presque 5 contacts rapprochés (4,8 précisément) alors que les Flamands en ont quasi 4 (3,7). Les chercheurs insistent pour tempérer la portée de ces résultats mais en réalité, il se pourrait que leur étude ne sous-estime encore la réalité du terrain.

Femme ou homme, jeune ou personne âgée: pas le même comportement

Comme le précise le psychologue Maarten Vansteenkiste à Het Laatste Nieuws, il faut rappeler que ces chiffres représentent «une moyenne». Si ces dépassements sont si élevés, ce n’est le fait que d’une partie de la population. Quatre Belges sur dix respectent encore la bulle sociale telle qu’édictée aujourd’hui. «Il est important que nous mentionnions cela, car vous entendez parfois des gens qui pensent être les seuls à s’y tenir. Ce n’est certainement pas le cas et heureusement», tient à ajouter l’expert.

De facto, cette partie de la population fait donc grandement baisser les statistiques citées ci-dessus. Mais par effet miroir, cela veut dire que d’autres personnes ont bien plus que 4-5 contacts rapprochés. Globalement, ce sont les hommes et les plus jeunes qui sont les plus susceptibles d’agir de la sorte. «Nous savons que les personnes plus âgées et les femmes sont plus motivées et suivent mieux les mesures pendant toute la durée de la crise», confirme Maarten Vansteenkiste.

Problème pour le GEMS: dans son rapport, 69% des sondés sont justement des femmes, et les personnes âgées y sont également mieux représentées. Il se pourrait donc que les chiffres obtenus soient encore sous-estimés. Pour éviter ce biais, les experts ont pondéré leurs résultats sur base de leurs connaissances sur le sujet. Mais est-ce que cela suffit pour avoir une image réaliste du respect de la bulle sociale? Le doute persiste.

Une mesure difficile à faire respecter

Cet éclatement de la bulle sociale peut surprendre par son ampleur mais est-ce qu’il s’agit d’un phénomène nouveau? Oui et non. En août dernier, alors que la limite venait de passer de 10 à 5 personnes, le baromètre de la motivation des Belges notait déjà que 35% de la population ne respectait pas les restrictions en place. En octobre, la bulle a été réduite à une personne mais l’arrivée de la deuxième vague a réaugmenté la motivation.

À partir de fin janvier, l’adhésion aux règles sanitaires s’est à nouveau dégradée. La faute à la lassitude croissante de la crise. En février, une étude conjointe de l’UCL, ULB et UGhent a montré que 43% des Belges avaient moins de deux contacts et 83% moins de trois. Donc oui, il y avait déjà un relâchement, mais les efforts fournis pour limiter le nombre de contacts étaient quand même assez importants. Les chiffres actuels montrent que depuis, il y a presque toujours autant de Belges respectueux de la bulle, mais les dépassements sont aujourd’hui très élevés.

Il faudra désormais regarder comment la population réagira au plan de déconfinement du gouvernement. Selon celui-ci, la bulle extérieure sera élargie à 10 le 26 avril. Le 8 mai, la bulle intérieure passera de 1 à 2, du moins si 70% des plus de 65 ans sont vaccinés. Pour Maarten Vansteenkiste, cela peut aider à motiver la population à suivre les mesures. Mais en parallèle, certains experts virologues s’inquiètent de voir venir cet assouplissement à un moment où la troisième vague ne s’est pas entièrement calmée. Il faudra ainsi que les décideurs politiques prennent en compte ces deux aspects dans leurs décisions futures, celui motivationnel et épidémiologique.

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