Vers un report de la réouverture de l’horeca ?

À quelques jours d'un nouveau Comité de concertation, le commissaire corona plaide pour repousser la réouverture de l'horeca. Ce qui irrite les principaux intéressés.

Des appels à la réouverture le 1er mai, quoi qu'en dise le gouvernement, sont en tout cas lancés.

Le message de Pedro Facon, chargé de coordonner la réponse belge à l’épidémie, est clair : rouvrir l’horeca le 1er mai, c’est trop tôt. Le commissaire corona va conseiller aux politiques de rouvrir les écoles le 19 avril, de lever les mesures instaurées avant Pâques dès le 26 avril, mais d’attendre deux semaines de plus pour relancer l’horeca. « Tant pis si ce message n’est pas populaire. Mais promettre des châteaux en Espagne puis revenir dessus, cela n’aide pas », a-t-il affirmé dans les colonnes de l’Echo samedi, appelant à la prudence. « Après le 19 et le 26 avril, il serait sage d’attendre trois semaines avant la prochaine grande étape. » Ce qui nous mènerait à la mi-mai.

L’incertitude continue, la colère gronde

Trop tard, répondent les principaux intéressés. « Sincèrement moi, si je n’ouvre pas le 1er mai, je ne suis pas sûre que je vais pouvoir rouvrir », s’alarmait samedi soir Valérie, la gérante d’un restaurant au micro de RTL. Pour beaucoup, c’est une question de survie après plus de 200 jours de fermeture forcée. Il était censé en rester 20.

Le Syndicat neutre pour Indépendants (SNI) a d’ailleurs appelé à se tenir à la date de réouverture annoncée au 1er mai, et pas « un jour après ». « Un accord, c’est un accord et si les écoles sont autorisées à rouvrir comme convenu, l’horeca et d’autres secteurs doivent l’être aussi. La réouverture du secteur horeca est un puzzle logistique complexe qui ne peut se faire en un jour », souligne l’organisation, estimant qu’il était encore un peu tôt pour s’écarter de ce plan initial. « Certains assouplissements ne peuvent en exclure d’autres. Par exemple, il devrait être possible d’ouvrir avant les terrasses en toute sécurité, comme c’est le cas au Luxembourg. Les indépendants sont à bout. Il y a beaucoup de colère et d’incompréhension. »

Pour le bien-être d’une population à bout

Même son de cloche du côté des brasseurs belges. La fédération qui les représente a estimé samedi que la perspective de réouverture des établissements de l’horeca « ne pouvait être retardée plus longtemps ». « Les événements de ces dernières semaines l’ont encore démontré: le bien-être mental de la population est fortement mis sous pression après presque 6 mois de confinement, ce qui s’est soldé par de nombreux rassemblements incontrôlés », a-t-elle pointé. « Or, la réouverture de l’horeca (à l’intérieur/à l’extérieur) peut offrir un environnement de détente sécurisé, dont nous avons tant besoin et dans lequel les citoyens peuvent se rencontrer de manière organisée et sûre, tout en respectant toutes les règles en vigueur. Les protocoles stricts, en cours de discussion avec les fédérations HoReCa (et celles de leurs fournisseurs), les experts et les autorités, permettront de maîtriser la propagation du virus », font encore valoir les brasseurs.

Pour ces derniers, une réouverture permanente, sûre et balisée de l’horeca est d’autant plus envisageable à partir du 1er mai grâce à l’arrivée du beau temps, à l’accélération de la campagne de vaccination et à un meilleur dépistage et traçage.

Le prochain Comité de concertation, qui réunit les gouvernements fédéral et des entités fédérées, se tiendra mercredi matin. Le sujet sera évidemment sur la table, comme celui des écoles et des commerces. Mais quelle que soit leur décision, de nombreux restaurateurs sont bien décidés à rouvrir le 1er mai.

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