Tout sur le vaccin Johnson & Johnson: efficacité, effets secondaires…

S’il a de bons arguments face à ses concurrents, le vaccin de Janssen a aussi ses faiblesses. L'Europe veut notamment vérifier s'il peut être responsable de cas de thromboses.

@BelgaImage

Voici maintenant un mois que l’Agence européenne des médicaments (AEM) a donné son feu vert pour distribuer le vaccin Johnson & Johnson en Europe. Mais alors que les premières livraisons doivent arriver la semaine prochaine en Belgique, il est victime d’un rebondissement de dernière minute. Hier, l’AEM s’est émue d’apprendre que quatre cas de caillots sanguins ont été constatés après son administration et a lancé une enquête. Alors que sait-on pour l’instant de ce nouveau vaccin? On fait le point.

Un nouveau venu

La Belgique a beau être petite, elle est à nouveau au cœur du développement d’un vaccin anti-Covid. Car la province d’Anvers abrite non seulement l’usine de Pfizer mais aussi les labos de Janssen, la filiale belge de l’américain Johnson & Johnson. C’est elle qui est à l’origine du produit grâce à une collaboration avec l’hôpital universitaire de Harvard.

Le déploiement de ce vaccin n’est pour le moment qu’à ses débuts. Il est surtout distribué aux USA et n’a reçu l’autorisation que de rares pays autres que ceux européens. Ces États sont le Canada (où les doses de Johnson & Johnson intègreront la campagne de vaccination dès fin avril), le Brésil, la Colombie, l’Afrique du Sud, la Thaïlande et la Corée du Sud.

Comment ça marche? Quels effets secondaires?

Le produit de Janssen utilise la même méthode que celle d’AstraZeneca, à savoir la technique du vecteur viral. Concrètement, l’entreprise utilise un adénovirus auquel a été ajouté un morceau de la protéine Spike du coronavirus. Il est inoffensif mais la présence de Spike donne la clé au système immunitaire pour lutter contre le Covid-19. Les effets secondaires bénins parfois constatés après l’administration du vaccin (céphalées, fatigue, douleurs musculaires…) sont justement la preuve de cette réaction de l’organisme.

L’enquête lancée hier par l’AEM va maintenant consister à savoir si ces effets indésirables peuvent être si importants qu’ils peuvent provoquer des thromboses. «Il a été fait état, après vaccination avec le vaccin Covid-19 Janssen, de quatre cas graves de caillots inhabituels associés à des faibles taux de plaquettes», a déclaré à ce propos l’AEM. Parmi ceux-ci, «un cas est survenu lors d’un test clinique et trois sont survenus dans le cadre de la vaccination aux Etats-Unis. L’un d’entre eux a été mortel». Un seul décès a été constaté.

Le rapport bénéfices-risques reste cela dit très favorable à la distribution du vaccin. Cinq millions de personnes ont reçu le produit de Janssen. Autrement dit, il y aurait a priori un cas de thrombose pour un million d’injections, qui vont-elles-mêmes sauver beaucoup de vies. Ce vendredi, l’Agence américaine des médicaments (FDA) a déclaré qu’il n’existait pas de lien de causalité entre la formation de caillots sanguins et l’injection du vaccin de Johnson & Johnson. L’AEM va désormais tâcher de vérifier cela.

Pratique mais possiblement un peu moins efficace

Si cette histoire de thromboses fait tache, il n’empêche que Johnson & Johnson écrase toute la concurrence par son efficacité logistique. Son vaccin ne nécessite qu’une seule dose, contre deux pour Pfizer, Moderna et AstraZeneca. Il se conserve également à une moins base température et peut être transporté sans devoir recourir à des super-congélateurs. Un simple frigo suffit pour le conserver trois mois.

Son point faible, c’est son efficacité. Elle est de 85% sur les formes sévères du Covid-19 selon les essais cliniques, là où ses concurrents atteignent 90-100%. Pour les formes plus modérées, ce chiffre tombe à 66% deux semaines après l’injection. Pour Pfizer et Moderna, elle est de 94-95% et pour AstraZeneca, elle est de 76%. Il est cependant possible que tous ces chiffres soient revus par la suite en fonction des variants. Quant au risque de transmission de la maladie, les données manquent encore pour savoir ce qu’il en est avec Johnson & Johnson.

Dans tous les cas, le vaccin de Janssen devrait faire une entrée timide chez nous. Seulement 76.000 doses doivent être livrées au cours des deux semaines à venir. Une goutte d’eau comparé au stock de vaccins reçus en date du 4 avril (2.617.845 au total, dont 1.573.845 de Pfizer). La Belgique a fait une commande de 5 millions de doses de Johnson & Johnson pour toute l’année 2021. À titre de comparaison, Pfizer doit en livrer 15 millions (contrats initial et supplémentaires combiné). À voir aussi si Janssen réussira à tenir ses engagements. Aux USA, une erreur logistique a empêché la livraison de 15 millions de doses de Janssen.

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