Les restaurateurs tapent du poing sur la table

Une cinquantaine de restaurants ont décidé d'intenter une action contre l'État fédéral, tandis que d'autres sont déterminés à ouvrir le 1er mai prochain.

Des manifestants contre la fermeture des bars et restaurants, le 15 mars dernier. - Reuters

Un an après le début de la crise, la fronde de l’horeca s’organise. L’Etat fédéral vient de se faire attaquer en responsabilité par une cinquantaine de restaurants, dont de nombreuses belles tables de la capitale comme la Villa Lorraine, les Brasseries Georges, le Mess ou encore la Chaloupe d’Or, rapporte l’Echo ce samedi. Ces établissements reprochent au Fédéral de ne pas avoir prévu de mesures d’accompagnement, alors qu’il est à l’origine de leur fermeture.

Privés de toute rentrée financière, mais tenus d’assumer une série de frais fixes, les restaurants n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers les Régions pour obtenir des aides, souvent inégales.

« Les exploitants des établissements horeca ont complètement été livrés à eux-mêmes par l’État fédéral », dénoncent leurs avocats, qui pointent également l’absence de légalité et de proportionnalité des mesures prises. La responsabilité des autorités découle de « son incapacité à accompagner les mesures drastiques de fermeture, maintenues coûte que coûte depuis le début de cette crise, d’aides, notamment financières, proportionnées et adéquates », ajoutent-ils dans la citation qui a été signifiée par voie d’huissier à la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden. À cet égard, les restaurateurs réclament chacun une indemnité provisionnelle de 5.000 euros, en attendant de pouvoir chiffrer précisément le dommage causé par cette fermeture, en vigueur de mars à mai lors du premier confinement, et depuis le 19 octobre.

L’Horeca remet le couvert

Près de neuf mois au total donc que les restaurants ne peuvent accueillir de clients. Face à la hausse des contaminations, la perspective de réouverture au 1er mai prochain, annoncée par le Comité de concertation, s’éloigne peu à peu. Qu’importe. De nombreux restaurateurs ont décidé qu’ils rouvriront dans moins d’un mois, avec ou sans autorisation.

Ils sont une trentaine à le crier haut et fort dans une vidéo publiée cette semaine sur Facebook, à l’initiative de la ligue wallonne pour l’Horeca. Ces chefs et patrons d’établissements, wallons mais aussi bruxellois, se disent prêts et déterminés à rouvrir le 1er mai pour faire plaisir à leurs clients, mais surtout, disent-ils, pour sauver leur personnel, leurs fournisseurs et plus généralement, leur secteur aux abois. « Pour nous, désobéir devient une nécessité. Nos caisses sont vides. Nous ne pouvons plus nous endetter en restant fermés pour respecter des mesures que la population, elle, ne respecte plus. Voyez les trains et les parcs bondés. C’est pour cela que nous rouvrirons le 1er mai. C’est la meilleure décision à prendre pour la collectivité », explique Valérie Migliore du Collectif Wallonie Horeca. Lionel Rigolet, le chef du restaurant doublement étoilé Comme Chez Soi, le résumait ainsi au micro de la Première mercredi: « c’est une question de survie. »

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