Vers un traité international pour les pandémies ?

Une vingtaine de pays, l'UE et l'OMS ont appelé mardi à élaborer un « traité international sur les pandémies » pour affronter les futures crises sanitaires.

Charles Michel avait déjà proposé un tel traité en décembre. - AFP

L’Organisation mondiale de la Santé ne cesse de le répéter: la pandémie de coronavirus ne sera pas la dernière. C’est pourquoi celle-ci doit servir de leçon pour les prochaines. Dans cette optique, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, le président du Conseil européen Charles Michel et les dirigeants d’une vingtaine de pays ont appelé mardi à créer un traité international sur les pandémies.

« Il y aura d’autres pandémies et d’autres situations d’urgence sanitaire de grande ampleur », insistent-ils dans une tribune publiée lundi soir dans Le Monde. « Aucun gouvernement ni aucun organisme multilatéral ne peut, seul, faire face à cette menace. La question n’est pas de savoir si cela aura lieu, mais quand. » Ils proposent dès lors de mettre en place une structure plus solide pour le secteur de la santé internationale afin de protéger les prochaines générations.

Alors que le Covid-19 « tire parti de nos faiblesses et de nos divisions », « nous devons être mieux à même de prévoir les pandémies, de les prévenir, de les détecter, de les évaluer et d’y réagir efficacement et d’une manière parfaitement coordonnée », écrivent les signataires répartis sur les cinq continents, dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre néerlandais Mark Rutte pour l’Europe. Toutefois, les dirigeants de membres clés du G20 (États-Unis, Russie, Chine, Japon, Inde et Brésil) n’ont pas signé cet appel.

Partage des responsabilités et transparence

Basé sur le principe de santé pour tous, ce projet de traité viserait à consolider la préparation et la riposte aux pandémies. En commençant par « un accès universel et équitable à des vaccins, à des médicaments et à des produits de diagnostic sûrs, efficaces et abordables. » Les systèmes d’alerte, la mise en commun des informations, la recherche, ainsi que la production et la distribution des équipements de protection individuelle devront, eux aussi, être améliorés, tant au niveau local que mondial.

Un tel engagement collectif devrait conduire à « une plus grande responsabilisation mutuelle et à un partage des responsabilités » et « favoriser la transparence et la coopération au sein du système international », ajoutent les 25 chefs d’Etat, Tedros Adhanom Ghebreyesus et Charles Michel, qui avait déjà émis cette idée en décembre dernier lors de l’Assemblée générale de l’ONU.

Pour ce faire, ces derniers appellent le monde entier à « tirer les enseignements » du Covid-19 et à travailler avec la société civile et le secteur privé. « Nous devons saisir cette occasion pour nous rassembler en tant que communauté mondiale en faveur d’une coopération pacifique qui aille au-delà de cette crise », estiment-ils, en espérant marquer l’histoire. « Nous laisserons en héritage la solidarité qui sera la nôtre au moment de faire en sorte que le monde soit mieux préparé. C’est elle qui protégera nos enfants et nos petits-enfants et qui permettra que les futures pandémies affectent le moins possible nos économies et nos sociétés. »

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