La stratégie vaccinale corrigée et démystifiée

La task force vaccination a revu la stratégie pour celles et ceux qui auraient refusé la vaccination lors de leur invitation, mais elle a aussi démonté deux mythes concernant la campagne.

Le plan de vaccination est respecté, selon la task force. - BELGA

Lors de son point hebdomadaire, la task force vaccination a remis les choses au clair ce week-end. À commencer par les rumeurs selon lesquelles des milliers de doses seraient « perdues » et des stocks seraient bien gardés dans les frigos.

Au 25 mars, la Belgique avait reçu 2.083.635 doses de vaccin anti-Covid, indique la task force, tableau chiffré à l’appui. Mais entre la livraison des vaccins en Belgique et leur arrivée dans les centres de vaccination, il se passe cinq jours afin de rendre ces doses prêtes à être inoculées, mais aussi de fournir le matériel nécessaire. C’est pour cette raison que le chiffre des administrations est si différent: 1.878.165 doses.

Autre mythe démonté par la taskforce, celui des 500.000 à 600.000 doses « dormantes ». « Le véritable chiffre est de maximum 160.000 », explique Sabine Stordeur, co-responsable de la campagne de vaccination. « Et il s’agit d’un nombre qui ne peut être comprimé car les centres de vaccination ont besoin de ces réserves afin de pouvoir faire face au retard de livraisons des fournisseurs. »

Deuxième chance

La task force a tenu aussi à confirmer que les personnes qui refusaient l’invitation à se faire vacciner n’étaient pas pour autant exclues de la stratégie de vaccination. Jusqu’ici, une communication maladroite laissait entendre le contraire.

Lorsque le citoyen reçoit une invitation, il a trois options. Soit c’est un oui immédiat, et il prend dès lors rendez-vous dans un centre de vaccination. Soit il dit être déjà vacciné. Ce qui se produit parfois à cause des petits retards dans l’enregistrement dans la base de données Vaccinnet. Soit il mentionne qu’il refuse la vaccination. Quatrième possibilité: ne pas réagir à l’invitation, sachant que le code a une validité de trente jours. « Une personne qui ne répond pas se verra réinvité ultérieurement avec un nouveau code », explique Sabine Tordeur.  

Dans un centre de vaccination à Bruxelles

– BELGA

Mais pour la personne qui avait manifesté son refus, la réponse semblait définitive. « Cette stratégie avait été mise en place pour éviter que les personnes ne soient harcelées d’invitations lorsqu’elles s’expriment négativement, mais aussi pour éviter que les citoyens ne fassent un shopping aux vaccins en constatant qu’on vaccine à un moment donné avec AstraZeneca, ou Pfizer ou Moderna alors qu’ils ont envie d’attendre que le Johnson&Johnson arrive sur le territoire pour n’avoir qu’une seule dose », rappelle la taskforce, admettant que cette option méritait une correction.

Une personne peut dès lors réviser sa position antérieure. Le système va ainsi relancer une nouvelle invitation, mais en phase 2. « C’est-à-dire qu’une personne qui aurait été prioritaire en phase 1B ne recevra pas une nouvelle invitation dans cette phase mais va la recevoir dans la phase 2 », précise Sabine Tordeur. Si néanmoins cette personne souhaite réagir plus rapidement, elle peut se rendre chez son médecin généraliste et lui en parler. « Celui-ci peut réactiver le code de vaccination par le biais du dossier médical informatisé, permettant à la personne de rentrer dans le circuit de la vaccination. » Tout en étant consciente malgré tout qu’elle ne pourra pas forcément choisir le vaccin.

La vaccination va s’accélérer au prochain trimestre

Face aux critiques sur la lenteur de la campagne de vaccination, la task force a également affirmé que la Belgique respectait le plan. « Nous sommes exactement là où on avait prévu d’être », a assuré Sabine Tordeur, bien qu’il avait été prévu de vacciner les patients à risques avec comorbidités à partir du mois de mars. « La stratification des patients à risque a été plus complexe que prévu. Mais nous pourrions rapidement lancer leur vaccination dans le courant du mois d’avril », a précisé la task force, soulignant que cela représente environ 1,5 million de personnes. Au mois de mai, c’est le vaccin de Johnson & Johnson qui devra permettre de donner un coup de boost dans cette campagne, avant la vaccination de la population générale à partir du mois de juin. Car pour le moment, seuls 4,4% des Belges sont totalement vaccinés – et 10,8% partiellement.

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