Covid-19 : les vérités du variant britannique en Belgique

Après plusieurs mois d’accalmie, les chiffres du Covid s’emballent à nouveau. En cause, la souche britannique, désormais prédominante dans tout le pays.

Covid-19 @BelgaImage

Des courbes qui montent, des admissions à l’hôpital qui s’accélèrent, des services de soins intensifs remplis, des soignants à bout de ­souffle… L’histoire est un éternel recommencement. Et pour la troisième fois, en un an, elle se répète. Une nouvelle vague de contaminations semble à nouveau déferler sur le pays. Le coupable, cette fois, n’est pas le pangolin ou la chauve-souris, mais bien le “variant britannique”. Il s’agit d’un virus mutant détecté pour la première fois chez nos voisins d’outre-Manche à la fin 2020. Ce mutant anglais a fait des ravages là-bas durant l’hiver. Fin décembre, une troisième vague fulgurante et bien plus forte encore que la deuxième a mis les services de soins de santé à rude épreuve, notamment à Londres. Il faut dire que le variant britannique est beaucoup plus contagieux que la souche de virus originelle. Plus contagieux et plus agressif aussi.

La deuxième vague a connu son pic, chez nous, au début du mois de novembre. Depuis lors, les chiffres n’ont fait que descendre, tant celui des contaminations que celui des admissions dans les hôpitaux. Mais dès le mois de janvier, des voix se sont élevées pour mettre en garde les autorités belges du risque de reprise de l’épidémie, à cause de la propagation du variant britannique. Quelques pays voisins ont été touchés par le phénomène avant nous. Avec à chaque fois le même constat inquiétant: une proportion plus importante de patients aux soins intensifs que lors des vagues précédentes comme si les patients qui se présentaient à l’hôpital étaient plus gravement atteints qu’auparavant. Autre spécificité de cette troisième vague: la présence plus importante de patients jeunes et sans facteurs de risque apparents dans les services de soins intensifs. Même constat chez nous: cette semaine, dans Het Laatste Nieuws, le chef  des soins intensifs de l’UZ Gand indiquait que la moitié des patients hospitalisés avaient actuellement moins de 48 ans. “Les jeunes qui viennent à l’hôpital finissent presque immédiatement en soins intensifs. Les patients développent des symptômes graves plus rapidement qu’avant.” Ce constat est quelque peu nuancé dans les autres hôpitaux du pays.

Chez nous, la moyenne d’âge est actuellement de 68 ans, indique par exemple ­Pierre-François Laterre, chef des soins intensifs aux Cliniques universitaires Saint-Luc. “Mais en hospitalisation clas­sique, un quart des patients ont actuellement moins de cinquante ans.” Une proportion de “jeunes” plus importante que lors des vagues précédentes, bien que la plus forte virulence du variant anglais ne soit pas la seule hypothèse expliquant le phénomène. La véritable crainte pour les prochaines semaines, c’est la saturation des services de soins intensifs. Lors des vagues précé­dentes, un patient hospitalisé sur six se retrouvait en soins intensifs. Désormais c’est un sur quatre. Un ratio inquiétant.

 

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