Des stages par bulles de 10 : « une équation impossible à résoudre »

Pour le Mouvement des organisateurs d’Extrascolaire et de Stages, le renforcement des règles complique beaucoup trop la mise en place de stages et n’est pas du tout adapté aux réalités du terrain.

Stages @BelgaImage

L’organisation de stages pour enfants durant les vacances a été pas mal chamboulée ces derniers mois. L’été dernier, des groupes de 50 enfants étaient autorisés. La Covid-19 se propageant de plus en plus, cette limite a été baissée à 25 pour les vacances de Carnaval.

Les asbl qui encadrent ces stages s’attendaient donc à pouvoir continuer à travailler avec de telles jauges pour Pâques. Mais mauvaise surprise, face aux courbes qui continuent de progresser, le Codeco a décidé de limiter les stages à des groupes de 10 enfants.

Du côté du MES, le Mouvement des organisateurs d’Extrascolaire et de Stages, qui rassemble 95 des 430 asbl du secteur en Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est l’incompréhension.

Première remarque : ces mesures sanitaires ne prennent pas du tout en compte les réalités de la profession. « L’ONE demande un moniteur pour 12 enfants de plus de 6 ans et notre organisation est adaptée à cette règle », explique Denis Detinne, représentant du MES. « Pourquoi ne pas avoir consulté l’ONE pour fixer des règles plus adéquates aux protocoles habituels ? Entre 10 et 12, la différence n’est tout de même pas énorme. »

Forte augmentation des coûts

Pour le MES, ce renforcement des mesures va rendre l’organisation de stages particulièrement difficile. « Chaque bulle doit avoir un réfectoire différent, une entrée différente. Pour 300 enfants, ça fait 30 bulles, 30 réfectoires, 30 entrées… De plus, les règles imposent un seul groupe d’enfants par moniteur, ce qui nous empêche d’organiser des tournantes comme d’habitude. »

Dès lors, les asbl ne pourront pas accueillir autant d’enfants qu’espéré, une réduction qui ne sera pas sans conséquence. « Les prix sont calculés par rapport au nombre d’enfants. On ne va pas pouvoir demander de suppléments à tous les parents qui ont déjà réservé. Pourtant, on aura besoin de plus de personnel pour respecter toutes les règles. Des animateurs, mais aussi pour l’entretien, les garderies, etc. Nous devrons également louer plus d’infrastructures. » Beaucoup de coûts supplémentaires pour des recettes diminuées.

Ce qui pose le plus questions aux organisateurs : les mesures sont plus strictes alors que les stages sont plus nécessaires que jamais. « Les gens ne peuvent pas partir en vacances et doivent télétravailler. Alors, forcément, ils se tournent vers les stages », commente Denis Detinne. « Nous sommes déjà à 30% d’enfants en plus par rapport à d’habitude. On anticipe même 50% d’augmentation. »

Tout annuler ?

Dès lors, le Mouvement des organisateurs d’Extrascolaire et de Stages demande une adaptation rapide des règles. « On n’est pas là pour se plaindre, on veut trouver des solutions ! », assure le représentant. « Nous aimerions au moins des bulles de 12 et qu’un animateur puisse travailler avec deux bulles, ça serait déjà beaucoup plus cohérent. »

Et si rien ne change ? « On ne pourra pas accueillir tout le monde et on devra faire face à une sérieuse hausse des coûts. On espère d’ailleurs que les directeurs d’écoles et de centres sportifs seront indulgents. »

Les asbl du MES semblent tellement découragées qu’elles envisagent même de prendre une décision radicale. « On hésite à tout annuler purement et simplement pour faire réagir le gouvernement. On n’est pas sûrs qu’ils comprennent que l’équation est impossible à résoudre. Mais on se demande si ce n’est simplement ce qu’ils veulent… »

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