Ce que l’on sait sur le variant découvert en Belgique

Un nouveau variant a été découvert en Belgique par des chercheurs de Liège. D’où vient-il ? Et faut-il s’en inquiéter ?

Variant Covid @BelgaImage

« B.1.214 ». C’est le nom du nouveau variant découvert en Belgique dans un laboratoire de séquençage de l’ULiège. Si ce variant, surnommé « Spike Insertion », a attiré l’attention des chercheurs, c’est « parce qu’il présentait une mutation quasiment jamais observée jusqu’ici », a expliqué au Soir Vincent Bours, professeur de génétique humaine et responsable du laboratoire d’analyse et de séquençage du virus du Sars-Cov-2 de l’université liégeoise.

« Là où, pour les autres variants, on observait plutôt une délétion au sein du génome du virus – une disparition de certaines lettres dans la ligne génomique – ici, on observe une insertion, soit un ajout de neuf nucléotides à la séquence de la protéine spike, poursuit le scientifique. C’est du jamais vu jusqu’ici dans les variants du Sars-Cov-2. »

Un variant belge ? Pas tout à fait

Détectée en janvier, cette mutation inédite représente 4% des infections chez nous, soit environ autant que les variants sud-africain et brésilien. Contre plus de 70% pour le variant britannique. Selon Vincent Bours, le « petit dernier » augmente progressivement, particulièrement du côté de Bruxelles, du Brabant flamand et du Hainaut. Mais il serait toutefois inadéquat de l’appeler « le variant belge ». « On est pratiquement certain que ce n’est pas une souche belge. L’arbre phylogénétique doit encore se compléter mais il pourrait venir d’Afrique subsaharienne et aurait été implanté chez nous par les voyages », a précisé le professeur.

Peu inquiétant pour le moment

Reste la question essentielle : faut-il s’en inquiéter ? Contrairement aux trois autres variants scrutés à la loupe par les scientifiques, « B.1.214 » n’est pour l’instant pas classé dans les variants préoccupants. Il est certainement contagieux, à l’instar des autres, puisqu’il ne disparaît pas. Quant à sa dangerosité, d’autres études sont nécessaires avant de tirer des conclusions, mais pour le moment, les données sont rassurantes. « Nous n’avons pas encore d’indice sur une potentielle sévérité plus élevée, ni de résistance éventuelle au vaccin », a précisé Emmanuel André au JT de la RTBF dimanche soir. Aussi, selon le Soir, la plupart des échantillons analysés à Liège proviennent plutôt de patients soignés en ambulatoire.

Autant d’éléments qui poussent le microbiologiste de la KULeuven à déclarer: « Il n’y a donc pas de raison aujourd’hui de se préoccuper outre mesure de ce variant. Il s’agit, comme pour tant d’autres variants, d’une souche que nous étudions. »

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