Un an de coronavirus en Belgique: la ligne du temps

Le 13 mars 2020, Sophie Wilmès annonçait un premier confinement. On refait la chronologie d'une année pas comme les autres.

Belga

Il y a un an, nous posions la question : « Combien de temps va durer l’épidémie ? » En se basant sur les experts et virologues de l’époque d’avant, pas de souci, en deux ou trois mois, ce sera passé. C’est la durée moyenne d’une épidémie qui, en général, suit toujours le même schéma. C’est-à-dire celui de l’immunité collective. C’était sans compter sur l’aspect mondial de cette épidémie – une pandémie, donc, qui revient par vagues nous pourrir la vie.

 

23 janvier 2020. « Pourquoi de nombreux virus émergent-ils dans les marchés chinois ? » C’est vrai, pourquoi ? Parce qu’il y a du monde, des humains et des animaux, parfois sauvages et… Vous connaissez l’histoire ! Courant janvier, un virus mystérieux paralyse la Chine. Oh, c’est loin, la Chine ! Tout de même, la ville de Wuhan est fermée, la région tourne au ralenti. Mais « l’OMS a jugé qu’il était trop tôt pour considérer l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale ».

 

30 janvier 2020. Ca y est, l’OMS s’est décidée à lancé l’état d’urgence international. Le virus se balade hors de Chine, quelque part en Asie. En vérité, il est déjà dans nos contrées.

 

24 février 2020. C’est l’hécatombe en Italie du Nord. Soudain, l’épidémie est visible, les contaminations se multiplient sans qu’on puisse suivre les chiffres et les hôpitaux commencent à saturer. Pour l’heure, le reste de l’Europe regarde comme si les frontières allaient la protéger du virus. Tout au plus, on pense à bien se laver les mains.

 

4 mars 2020. Le virus est chez nous et bien chez nous. On commence à s’y intéresser de plus près. Que sait-on exactement de ce virus ? A quel point est-il dangereux ? Quel est l’état d’urgence ? Phase 2 : il faut être vigilant, mais on peut voir venir la phase 3. Ce n’est pas comme chez ces incorrigibles Italiens… Donald Trump assure que le virus s’en ira avec le beau temps, les experts s’appuient sur ce qu’ils savent : une épidémie, en général, ça dure donc deux ou trois mois… Il n’empêche, les événements sont annulés les uns après les autres…

 

5 mars 2020. Pendant ce temps, la Chine a contenu l’épidémie. Tout va bien… D’autant que les chiffres chinois ne sont pas bien terribles (mais sont-ils sérieux?)

 

8 mars 2020. L’Italie du Nord est confinée. C’est le premier pays au monde à prendre une décision aussi drastique qui ramène aux temps de la peste au Moyen Age… Nombre de Milanais se ruent dans les trains pour garder leur liberté dans le sud.

 

12 mars 2020. L’OMS annonce que l’épidémie est mondiale. Il faut donc parler de pandémie de coronavirus. Ca commence tout doucement à ressembler à un film de science-fiction, cette affaire…

 

13 mars 2020. Vendredi 13, à minuit, la Belgique entre en confinement. Les cafés doivent fermer les salles de spectacle, aussi. Dernier verre avant la fin du monde, l’ambiance est à la rigolade. Rendez-vous dans quinze jours ?

 

18 mars 2020. Cette fois, ça ne rigole plus. La Belgique entre vraiment en confinement. Horeca, commerces non-essentiels, écoles, tout doit fermer, plus personne dehors, chacun se barricade chez lui, fini de rire ! C’est La Peste d’Albert Camus dont les ventes explosent. Dans sa version 2020, c’est surtout la ruée sur le papier-toilette qui marque les esprits !

 

19 mars 2020. Les hôpitaux belges sont sur le pied de guerre en attendant le pic de l’épidémie… Qui viendra quelques semaines plus tard. Pour les soutenir (ou se donner du courage), la population applaudit les médecins tous les jours à 19 heures avec ce sentiment : « Plus jamais ça ! Plus jamais de sous-financement de nos services de santé ! »

 

21 mars 2020. Partout, les rues sont désertes. Pas une voiture, pas un klaxon, pas de foule qui se marche sur les pieds. En ville, les animaux reprennent du territoire. Bruxelles ressemble à un village de Provence. Les rares personnes qui se croisent dehors discutent ensemble. Une partie de la population reprend le temps de flâner quand l’autre souffre toutes les larmes de son âme à devoir concilier travail à domicile, garde des enfants 24 heures sur 24 et impossibilité de sortir, ne fut-ce que pour prendre l’air.

 

4 avril 2020. Faut-il ou non porter un masque ? En Asie, c’est obligatoire, en Europe, ça n’existe pas. L’OMS ne tranche pas, les experts, eux-mêmes, sont dubitatifs. Porter un masque, à part dans les endroits fermés et bondés comme les supermarchés ou les trams, ça ne sert pas à grand-chose.

 

10 avril 2020. Le débat cachait pourtant une réalité : c’est la guerre des masques ! Il y a pénurie. Tout le monde se bat pour en avoir, chacun pour soi, y compris à l’intérieur de l’Union européenne. Une jungle sans foi ni loi dans laquelle les petits sont forcément les perdants. Le port du masque pour la population ? Il n’y en a pas, de masque ! Faites sans. Ou alors, cousez-les vous-mêmes.

 

24 avril 2020. Alors que la Belgique est toujours confinée, Moustique pose la question que personne ne veut entendre : « Vers une deuxième vague ? »

 

30 avril 2020. Près d’un million de personnes sont infectées dans l’Union européenne dont 103.000 morts. A ce jeu des statistiques, la Belgique est numéro un, et loin devant ! 67 décès pour 100.000 habitants, record battu laissant l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne et la France loin derrière.

 

4 mai 2020. La Belgique déconfine. Petit à petit, les magasins rouvrent, les gens sortent et se retrouvent. La vie sociale reprend sous condition. Les temps meilleurs arrivent et bientôt, ce sont les vacances !

 

18 mai 2020. Macron et Merkel se mettent d’accord sur un plan de relance économique au niveau européen sans précédent. L’Europe à la rescousse de l’Europe, enfin !

 

15 juin 2020-15 juillet 2020. Les frontières sont ouvertes ! Les bars et restaurants aussi. Les terrasses sont remplies, et bientôt, c’est au tour des cinémas de rouvrir leurs portes. Ca ressemble à un été normal. Un été d’après. Beaucoup en profitent pour voyager et visiter l’Italie, la Grèce et l’Espagne pour la première fois sans une marée noire de touristes.

 

1er août 2020. Les contaminations explosent à Anvers devenue zone rouge sans oser le dire. Bruxelles suivra bientôt. On commence à avoir peur du « supercontaminateur » et les experts sont pessimistes quant à la rentrée. L’épidémie n’est pas terminée, non, mais personne ne veut (encore) l’entendre.

 

5 septembre 2020. Cette fois, c’est décidé : six mois après l’arrivée du virus dans nos contrées, le port du masque est obligatoire !

 

1er octobre 2020. Un miracle s’est produit : la Belgique a un gouvernement ! Parce que oui, durant tout ce temps, Sophie Wilmès, débarquée là en intérim, a dû gérer la crise à la tête d’un gouvernement provisoire en affaires courantes, mais doté de pouvoirs spéciaux. Ce pays est vraiment formidable.

 

19 octobre 2020. Dès son entrée en fonction, le gouvernement Vivaldi d’Alexander De Croo frappe fort et reprend la main : couvre-feu (mais chaque région a son fuseau horaire), télétravail et fermeture des bars. Histoire de contenir la recrudescence du virus. Car cette fois, on a beau vouloir regarder ailleurs, la deuxième vague est là.

 

20 octobre 2020. Les hospitalisations atteignent le pic de la première vague. La Belgique est, de nouveau, numéro 1 mondial du nombre de contaminations par habitants.

 

2 novembre 2020. La Belgique passe à un « confinement renforcé » de six semaines… Qui durent jusqu’à aujourd’hui.

 

3 novembre 2020. La pilule passe mieux cette fois-ci (du moins au début). Pour commencer, le confinement est moins strict (on peut sortir, wouhou!). Ensuite, les Etats-Unis ont le sens du spectacle ! Les élections américaines nous tiendront en haleine pendant une semaine.

 

24 décembre 2020. Le deuxième confinement dure, la population est lasse et Noël se passe pour beaucoup en très petit comité. Il est question de bulle de 1 ou de 4, c’est pas très clair, on abdique le ras-le-bol l’emporte. De toute façon, les vaccins arrivent. On va bientôt pouvoir passer à autre chose.

 

28 décembre 2020. Début de la vaccination en Belgique selon un protocole serré et très étudié. Mais, déjà, un autre danger guette. Son nom : le variant anglais. A l’heure où le Brexit est enfin réalisé, l’ironie est difficile à prendre à la légère. Ceux qui peuvent préfèrent se ressourcer dans les montagnes, même si ce n’est pas cette année qu’on fera du ski.

 

1er février 2020. Variants anglais, sud-africains, brésiliens… Les contaminations repartent à la hausse et puis se maintiennent sur un faux-plat interminable tandis que nos voisins reconfinent, se révoltent où subissent. Beaucoup s’adonnent à la théorie du complot après avoir regardé tout le catalogue Netflix. Pendant ce temps, la campagne de vaccination patauge. Il manque de vaccins AstraZeneca, c’est la guerre entre l’Europe et le big pharma.

 

13 février 2021. Les coiffeurs peuvent rouvrir. Victoire !

 

25 février 2021. La campagne de vaccination belge tourne au sketch pas drôle quand le centre de vaccination du Heysel qui peut accueillir 5.000 personnes par jour reste quasiment vide durant toute une semaine.

 

5 mars 2021. Un an plus tard… On attend (toujours) que ça passe.

 

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