Comité de concertation : enfin des assouplissements ?

La catastrophe annoncée vendredi dernier ne s'est pas concrétisée. De quoi envisager cette fois des assouplissements pour le prochain Comité de concertation ?

Elio Di Rupo, Alexander De Croo et Jan Jambon, vendredi dernier. - Reuters

Annoncé sous le signe du déconfinement, le Comité de concertation a tourné court vendredi dernier. Après une semaine de surenchère politique promettant des assouplissements, les autorités ont finalement décidé de ne rien décider, ou plutôt de reporter toute décision à la semaine prochaine. Nous y sommes.

Comme jeudi dernier, la balance penche à nouveau en faveur de quelques allègements des restrictions. Seraient ainsi sur la table du prochain Codeco ce vendredi, sauf nouveau coup de théâtre, un élargissement de la bulle extérieure et des assouplissements dans l’enseignement. Ce qu’a confirmé à demi-mot Frank Vandenbroucke ce matin sur la Première: « Un, je ne peux pas devancer les décisions. Deux, en ce qui me concerne, si l’on peut assouplir, c’est l’enseignement ma priorité. »

Bulle extérieure et enseignement

La bulle en extérieur pourrait dès lors passer de quatre à huit. Le président du CD&V Joachim Coens plaide même pour une bulle de 10. « Ce qui peut être fait en toute sécurité doit intervenir le plus rapidement possible », recommande-t-il, car « de nombreux signes montrent que la limite de l’acceptabilité pour la population a été atteinte. Si la motivation disparaît, les courbes remontent ».

En ce qui concerne l’enseignement, les étudiants du supérieur pourraient espérer reprendre les cours en présentiel, au moins 20% du temps, soit un jour par semaine. Il est également question d’un retour de tous les élèves du secondaire à 100% à l’école après Pâques. « Pas mal d’enfants souffrent du mode de fonctionnement en semi-présentiel », a reconnu le ministre de la Santé ce jeudi matin, tout en restant prudent.

Frank Vandenbroucke

Frank Vandenbroucke – BELGA

Le point sur les chiffres

Comme un air de déjà-vu ? Ces sujets étaient effectivement à l’ordre du jour la semaine dernière. Le gouvernement fédéral et les responsables régionaux avaient finalement reporté tout espoir, suite à un avis négatif des experts présentant des chiffres inquiétants. Les hospitalisations quotidiennes avaient franchi la barre symbolique des 200. On craignait alors une troisième vague imminente, qui conduirait à un reconfinement plus dur.

Une semaine après ce vent de panique, la catastrophe annoncée ne s’est pas réalisée. Le nombre d’admissions à l’hôpital a plafonné à 152 en moyenne par jour, entre le 25 février et le 3 mars. « Il y a une bonne nouvelle », a indiqué Frank Vandenbroucke sur la Première, « l’explosion des cas annoncée la semaine dernière n’a pas eu lieu, mais la mauvaise nouvelle, c’est que le nombre d’hospitalisations continue à grimper »: +20% par rapport à la période de référence précédente. Heureusement, le nombre de décès recule aussi sensiblement (-18%).

Cette situation relativement stable laisse présager une ouverture ce vendredi, sauf si les chiffres s’emballent ces prochaines 24 heures. Celle-ci sera toutefois prudente puisque la Belgique reste à un niveau de circulation du virus nettement supérieur à celui du déconfinement de juin.

Il est donc difficile d’imaginer à ce jour un élargissement de la bulle intérieure ou un agenda de réouvertures pour la culture, l’événementiel ou l’horeca. En ce qui concerne les voyages, le fédéral et les Régions ont approuvé ce mercredi un projet pour mieux contrôler les retours de l’étranger, ce qui laisse également peu d’espoir pour une levée de l’interdiction avant le 1er avril. Et après ? Si ces premiers assouplissements, plutôt symboliques, n’ont aucune incidence sur les chiffres, le Comité de concertation pourrait à nouveau assouplir pour les vacances de Pâques.

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