Le centre de vaccination du Heysel à moitié vide… Qu’est-ce qui cloche dans ce pays ?

Alors que c'est la course au vaccin pour sauver l'été, couacs informatiques et mauvaise volonté de certains causent des retards à l'allumage. Pendant ce temps, la situation sanitaire est bien moins rose qu'au mois de juin, date du premier déconfinement.

Vaccinez-vous, qu'ils disaient! - Belga

Cela aura été comme ça toute la semaine. Le centre de vaccination du Heysel, situé dans le gigantesque Palais 10, pouvant accueillir jusqu’à 5.000 personnes par jour pour se faire vacciner, sera resté à moitié, sinon aux trois-quart vide. La BBC s’est fait un plaisir de relayer l’information à l’international. La Belgique était déjà championne du monde des contaminations, elle est aussi la championne du monde de la vaccination en marche arrière…

Comment expliquer un tel fiasco ?

Deux raisons principales sont invoquées : des couacs informatiques et de la mauvaise volonté.

Les couacs informatiques ? Selon Inge Neven, la directrice du service d’hygiène de la région bruxelloise, c’est la faute au règlement RGPD… (refrain connu, quand ça ne fonctionne pas ici, c’est de la faute de l’Europe). En résumé, parce que le RGPD protège nos données, l’inspection de l’hygiène de Bruxelles qui s’occupe de la logistique liée au coronavirus dans la capitale, ne sait pas à qui elle envoie ses mails de convocation. Est-ce la bonne adresse mail ? Le bon numéro de téléphone ? Le message est-il tombé dans la boîte à spam ? Impossible à savoir… Alors, devant le vide de la salle, les autorités ont fini par envoyer des courriers postaux. A l’ancienne. Et avec un délais de deux, trois jours. 

La deuxième explication est encore plus épicée. En pleine phase 1A b (après les maisons de repos, c’est au tour des travailleurs de santé qui sont en première ligne de se faire vacciner), nombreux sont les médecins généralistes, dentistes, kinés ou autres… Qui ne se bougent pas pour se faire vacciner. Le vaccin AstraZeneca, réputé avoir des effets secondaires et vaccin de seconde zone, voyez-vous, très peu pour eux. Or, une nouvelle étude écossaise a pourtant confirmé l’efficacité du vaccin. Au pire, si celui-ci ne leur dit toujours rien, pourquoi ne pas laisser les jeunes, qui ne demandent pas mieux, se faire vacciner en premier ? C’est ensemble et unis que nous surmonterons cette épreuve, n’est-ce pas ? A noter, selon Inge Neven, que ce sont principalement les francophones qui ne se bousculent pas au portillon d’AstraZeneca… L’Union fait la Force, qu’ils disaient…

Calendrier tenu sous condition de vaccins en suffisance

Pour autant, malgré ces couacs, le calendrier de vaccination est maintenu. A savoir que la phase 1B (la population de plus de 65 ans et les personnes à risque) devrait commencer en mars dans le pays (le 8 en Wallonie, le 15 à Bruxelles et le 22 en Flandre). Sous condition d’avoir des vaccins en suffisance… Ce qui n’est pas encore assuré. Mais si tout va bien, les plus de 18 ans, soit le très gros de la population, pourront commencer à se faire vacciner à partir de mi-mai (phase 2). Histoire de sauver l’été ?

Une situation bien moins favorable qu’en juin

Au niveau des chiffres de contamination, ceux-ci continuent d’augmenter. Selon Steven Van Gucht, on doit cette augmentation aux variants qui sont désormais les virus «majoritaires » qui se baladent dans notre pays. Le variant anglais est responsable de 53% des nouvelles contaminations et les variants sud-africains et brésiliens de respectivement 2,2% et 0,9%.

L’épidémiologiste ajoute que les contacts à risque ont augmenté parmi la population et des foyers de contamination ont été découverts dans des hôpitaux. Néanmoins, « le plateau des quatre dernières semaines tient bon pour l’instant ». Mais pour combien de temps ? La décision du comité de concertation de ne pas prendre de décision laisse entendre que cette semaine va être décisive.

Si on compare avec le premier déconfinement début juin, la situation actuelle est bien moins favorable. Le nombre d’admissions à l’hôpital est aujourd’hui quatre fois supérieur à celui de juin. Surtout, la tendance est repartie à la hausse. Pour reprendre les codes de l’époque, nous sommes depuis décembre sur un plateau d’alerte niveau 3 ou code orange. Pas de quoi envisager un déconfinement, donc…

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