Un déconfinement pour le printemps ?

Experts et politiques semblent être pour une fois d'accord pour dire qu'on ne peut plus continuer à vivre comme ça. Sauf folle reprise des contaminations, on peut enfin sérieusement envisager une réouverture progressive du pays dans quinze jours.

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Serait-ce le bout du tunnel au loin qu’on entrevoit ? Plusieurs voix s’élèvent doucement pour laisser entendre que le mois de mars sera signe de libération. La ministre wallonne de la Santé Christie Morraele a ainsi annoncé « un déconfinement partiel d’ici quinze jours » tandis que l’épidémiologiste Yves Coppieters prône pour une vision plus globale de la pandémie et la réouverture de certains secteurs : « On ne peut plus continuer à vivre comme ça ».

Christie Morraele était l’invitée de Jeudi en Prime sur la RTBF. Selon elle, le prochain comité de concertation qui se tiendra le 26 février pourrait marquer le début du déconfinement. « On est à la fin d’un processus, à quinze jours sans doute d’un déconfinement partiel si les chiffres – il faut toujours rester prudents – continuent de s’améliorer ».

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Stabilisation, vaccination

C’est que les variants anglais et sud-africains sont pour l’instant sous contrôle. En tout cas, les chiffres de contamination et d’hospitalisation n’augmentent pas, la tendance est plutôt la stabilisation  – seule exception, Bruxelles, où les contaminations sont toujours à la hausse. La crainte d’une troisième vague d’après fêtes semble en tout cas s’éloigner – pour l’instant.

De plus, le processus de vaccination commence à porter ses fruits. La deuxième dose a été donnée dans quasiment toutes les maisons de repos de Wallonie. Ce qui signifie que dans deux semaines, les pensionnaires de homes, soit les personnes les plus fragiles seront tous protégés. « On peut alors considérer que les maisons de repos vont vivre un déconfinement prudent ».

La ministre a ajouté : « Les Belges ont fait beaucoup d’efforts et l’on sent que la lumière est au bout du tunnel. On va pouvoir doucement lever (les restrictions aux) libertés, mais pas trop vite, car en septembre dernier on a été un peu trop vite dans la dernière étape ». Or, pour une fois, politiques et experts semblent sur la même longueur d’onde.

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Sport et culture

Conscient que la population est psychologiquement à bout (tout comme l’économie), Yves Coppieters a ainsi expliqué qu’il était temps d’envisager la réouverture de certains secteurs. « Toute réouverture de tout secteur peut être un élément pour faire remonter les chiffres. Mais un an après l’éclatement de l’épidémie, on ne peut plus se permettre de ne pas prendre ce risque-là. La situation devient intenable sur le plan social, économique, etc. Si les coiffeurs respectent le protocole tel qu’il est défini (masque, ventilation…) et que des contrôles sont opérés pour s’assurer que cela est bien appliqué, je ne pense pas que le profil de l’épidémie va radicalement changer », a-t-il déclaré à 7 sur 7.

Concrètement, il pense au sport en extérieur et à la culture : « On ne peut pas dire demain: “On rouvre toutes les salles de spectacle”. Mais la réouverture des salles qui sont capables d’appliquer le protocole et dans lesquelles il n’y a aucun risque pour les clients, devrait être envisagée. Cela peut vraiment contribuer à reprendre espoir et à améliorer la santé mentale, sans avoir une incidence fondamentale sur les différents indicateurs ».

Un retour au cinéma en mars ? On peut enfin l’envisager. Avec les beaux jours du printemps, on pourrait même être, petit à petit, libérés de l’emprise du coronavirus qui nous tient dans ses sales pinces depuis un an. L’épidémiologiste a en tout cas résumé le sentiment de tous en une phrase : « On ne peut plus vivre de cette manière plus longtemps ».

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