Examens : oh, la triche !

Les examens de l'ère covid se font pour la plupart à distance. La voie ouverte aux copions ? Les universités ont de nouveaux outils pour parer à cela, mais une polémique enfle à l'ULB sur une vague de plagiats que les étudiants incriminés contestent.

 

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Comment passer un examen à l’ère du covid ? Dans les universités et hautes écoles du pays, la plupart des examens se font en distanciel, comme les cours. En juin dernier, cela a été un festival de triche que beaucoup d’étudiants n’ont même pas honte de cacher. Post-it et copions accrochés au mur devant l’ordinateur, examens à livres ouvert. « J’ai des  copains qui étaient plusieurs dans le même kot pendant l’examen et ils se passaient les réponses », nous dit une étudiante en Droit à l’UCLouvain. Certains ont  même fait appel à des professeurs de secondaire pour passer leur QCM à leur place contre rémunération…

Devant ce taux de triche en nette hausse, les universités ont décidé de serrer la vis. En juin, les autorités universitaires n’étaient pas préparées à organiser des examens en bonne et due forme. Mais les choses ont changé. Notre étudiante de l’UCLouvain nous explique ainsi comment les professeurs peuvent vérifier à distance qui triche : « Ils prennent des photos via la webcam de notre ordi et si on fait un mouvement bizarre de la tête, ils peuvent détecter qu’on cherche une information quelque part ». Certaines unifs utilisent aussi des logiciels informatiques anti-fraude qui bloquent l’ouverture de pages internet pendant l’examen.

Polémique à l’ULB

Pourtant, c’est un vieux problème qui secoue aujourd’hui l’ULB : le plagiat. Une vague de plagiat secoue le département Philo et lettres de l’université libre de Bruxelles. Des réponses exactement identiques entre différentes copies d’étudiants. La sanction est limpide : zéro pointé. Et une seconde session assurée.

Ce qui frappe, c’est l’ampleur du phénomène. Déjà l’été dernier, selon les plaintes recensés par le Bureau des étudiants de la faculté (Bepss), le plagiat a concerné jusqu’à 40% des étudiants de bac 1. Cet hiver, cette situation concernerait entre 10 et 20 % des élèves de bac 1 et 3. Or, ils sont nombreux (une septantaine) à se sentir accusés à tort.

Selon une étudiante interrogée par Le Soir, il n’était pas question de tricherie, mais « comme nous n’avions pas de syllabus, certains étudiants ont partagé leurs notes. Étant donné qu’il s’agissait de question de restitution, il est logique d’avoir des réponses identiques »

Un autre problème fait enfler la polémique. Face à ces accusations, les étudiants incriminés peuvent faire face à des sanctions disciplinaires ou à des sanctions académiques. Les sanctions disciplinaires leur donnent la possibilité de se faire entendre devant une commission disciplinaire qui décidera du statut de la sanction à donner – ou pas. Les sanctions académiques, quant à elles, mettent étudiant et professeur face à face et n’offrent aucun recours à l’étudiant, sinon le recours à la justice. Or, l’ULB a choisi de ne donner que des sanctions académiques pour ne pas submerger les autorités disciplinaires. La doyenne de la faculté, Valérie Piette, assure cependant que toute demande individuelle peut lui être adressée.

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