Comparer les confinements pour prévoir les prochains assouplissements ? Difficile

Avec la reprise des métiers de contact comme point de départ, on pourrait anticiper le calendrier de notre futur déconfinement en se basant sur celui du printemps. Mais le Comité de concertation ne travaille pas comme le Centre de crise...

Deux premier.e.s ministres, deux types de gestion de la crise. (Crédit: Belga)

Après chaque réunion du Comité de concertation, c’est la surprise. L’absence de certaines annonces espérées déçoit tandis que des mesures inattendues se mettent en place. On l’a encore vu cette semaine. Alors que l’Horeca, la culture et l’événementiel se sentent abandonnés, puisqu’ils n’ont même pas été mentionnés, les zoos et les campings vont pouvoir rouvrir leurs portes.

Il faut souligner que ce deuxième confinement est fort différent du premier, une gestion belge de la crise fort critiquée sur la scène internationale notamment à cause du taux de décès dans les maisons de repos. Mais aujourd’hui, nous avons un Gouvernement de plein exercice et l’expérience acquise au printemps pour l’aider. Les membres du Comité de concertation sont désormais bien plus prudents que ne l’ont été leurs prédécesseurs, ce que semblent regretter bon nombre de secteurs à l’arrêt.

L’Horeca, la culture et l’événementiel sont ceux qui souffrent le plus depuis l’arrivée du coronavirus en Belgique. Vendredi encore, des gérants de restaurants et cafés se sont réunis pour manifester dans le centre de Namur, Gembloux, Nivelles, Bruxelles… Ils souhaitaient mettre en avant leur détresse financière et le manque d’aides.  

Lors de la première crise, ils avaient été les premiers à ne plus pouvoir accueillir leur clientèle. Après la toute première réunion du Centre de crise, il a été ordonné de fermer boutique le 13 mars à minuit aux bars, restaurants, boîtes de nuit, musées, salles de spectacles et de concerts… Et ce n’est que trois mois plus tard que l’Horeca a pu se relancer, le 8 juin, mais avec des règles strictes d’hygiène et de distanciation entre les tables. Ils ont pu travailler de cette manière jusqu’au 19 octobre, soit un peu plus de 4 mois. Depuis, tous les bistros, brasseries, restos sont fermés.

D’après le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, écouter leur souhait, à savoir rouvrir le 1er mars, serait impensable vu l’évolution de la crise. Pourtant, au 1er mars, cela ferait une pause de 4 mois et demi, nouvelle preuve de la prudence accrue des autorités.

Après le premier lockdown, les musées ont réaccueilli leurs visiteurs dès le 18 mai. Les arts du spectacle, eux, ont pu reprendre le 1er juillet, devant des publics de 200 personnes maximum et les cinémas ont été soumis aux mêmes règles. Ils avaient dû stopper leurs activités fin octobre, au deuxième confinement. Quant aux boîtes de nuit, elles n’avaient pu rouvrir que si elles respectaient les règles de l’Horeca, devenant pour l’occasion des bars éphémères. Même sous conditions, elles n’ont jamais pu reprendre véritablement leurs activités.

Difficile de se projeter

Mais alors, quand peut-on espérer une reprise de ces secteurs ? Est-ce qu’une tendance se dégage ? On peut essayer d’anticiper la réouverture des cinémas, restaurants etc. en se basant sur les relances récentes de secteurs soumis à de nouvelles les règles sanitaires. Les commerces par exemple. Ceux dits « non essentiels » ont fermé le 18 mars. Les pépinières et magasins de bricolage ont pu retravailler à la mi-avril, suivis début mai par les merceries, puis par tous les commerces le 11 mai. Environ deux mois de fermeture en somme.

Pour ce deuxième confinement, les magasins ont fermé les volets du 2 novembre au 1er décembre, un mois environ, deux fois moins longtemps qu’au printemps. Mais des experts avaient indiqué que les risques de contamination d’une séance de shopping avec des règles sanitaires étaient faibles, et le ministre de la Santé avait concédé que la décision de fermeture avait été prise pour créer un choc dans la population. Ce qui explique sans doute qu’aujourd’hui début février, tous les magasins sont ouverts, mais qu’il est toujours obligatoire de faire ses achats seuls et pour une durée maximale de 30 minutes. C’est la même situation pour les musées, qui ont rouvert un mois après leur fermeture fin novembre, alors qu’ils n’avaient pas accueilli de visiteurs durant deux mois au printemps.

Les métiers de contact, eux, ont été confinés un peu après les autres, à partir du 23 mars et ont repris le 18 mai. Cela représente un peu plus d’un mois et demi de fermeture. Et pour ce deuxième confinement, on le sait désormais : le retour des clients est prévu au 13 février, alors qu’ils ne venaient plus depuis novembre. Trois mois et demi d’arrêt, c’est donc plus du double de la durée du printemps. Cette prudence correspond à des choix politiques assumés, mais aussi aux réalités sanitaires d’une deuxième vague qui, malgré l’expérience médicale acquise, a touché beaucoup plus de gens et fait plus de victimes que la première.

Ce sont les seules références que nous avons actuellement. Pour le reste, le télétravail est toujours de mise et les frontières sont fermées. Les écoles, elles, suivent leur propre rythme selon les niveaux et les classes. Difficile d’en faire un point de comparaison.

Ce qui semble certain, c’est que le Comité de concertation ne compte pas déconfiner la Belgique tant qu’elle n’a pas atteint plusieurs objectifs, notamment passer sous la moyenne de 75 hospitalisations sur 7 jours, et un taux de positivité inférieur à 3%.

Ce samedi, nous étions encore à 124 hospitalisations pour la semaine écoulée et le taux de positivité était de 5,5%. On s’en approche donc tout doucement, mais la courbe baisse lentement, voire stagne un peu. Peut-être finalement que tous les secteurs d’activité suivront l’exemple des métiers de contact, avec une période de fermeture doublée. Mais cela signifierait que l’Horeca ne reprendra pas avant la mi-avril…

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