Dubaï paie le prix de ses portes ouvertes

Dubaï avait mis les bouchées doubles pour attirer les touristes souhaitant fuir le confinement durant les vacances de fin d'année. Un mois plus tard, la courbe des contaminations affiche une forte hausse aux Émirats arabes unis.

Un homme marchant à Dubaï. - AFP

Les nombreuses photos des vedettes, influenceurs et quidams sur Instagram en sont la preuve. En pleine pandémie, Dubaï est devenue la destination favorite des touristes, venus en nombre cet hiver pour profiter des bars, restaurants, boîtes de nuit (et du soleil), sans quarantaine, ni couvre-feu. Une proposition alléchante à l’heure où les confinements imposés à travers le monde s’éternisent.

Vent de liberté

La première cité des Emirats arabes unis, extrêmement dépendante du tourisme, a tout fait pour attirer les visiteurs après un confinement au printemps, efficace pour endiguer l’épidémie, mais désastreux pour l’économie. Présentée comme la ville la plus ouverte du monde, elle a misé sur des mesures moins strictes qu’ailleurs: le port du masque obligatoire bien sûr, mais aussi une jauge maximale de huit personnes par table et l’interdiction de danser et de consommer au comptoir.

Les touristes arrivant sur le territoire doivent également présenter un récent test PCR négatif et/ou en subir un à l’aéroport de Dubaï. Ils peuvent ensuite se précipiter dans les attractions qui font la renommée de la ville, entre tours vertigineuses, centres commerciaux gigantesques et îles artificielles.

#VisitDubai et tourisme médical

Au-delà de ces contraintes plutôt light, les autorités locales ont annoncé d’autres mesures visant à relancer le tourisme, comme l’autorisation du concubinage pour les étrangers et l’assouplissement des règles régissant l’achat d’alcool.

Toujours dans cette perspective, elles ont appelé aussi des influenceurs en renfort. À coups de publicités et de posts ensoleillés, ces derniers, omniprésents sur Instagram, ont participé à ce regain de popularité, en particulier chez les plus jeunes lassés par les mesures.

La capitale de la démesure n’a pas failli à sa réputation en proposant également des « vacances vaccination » aux plus fortunés: une nouvelle forme de voyage all-in, imaginée par une entreprise privée, qui comprend les deux doses du précieux liquide, le transport en jet privé vers Dubaï et l’hébergement durant maximum un mois. Le prix? 55.000 dollars, soit un peu plus de 45.000€. « Pour le même prix, on peut vacciner 2.000 personnes ou une seule. Et vous savez quoi ! Il y en a qui vont quand-même aller à Dubaï ! », s’était insurgé à l’époque le microbiologiste Emmanuel André.   

La fête est finie

Cette stratégie a payé: l’aéroport de Dubaï a vu passer, selon les statistiques officielles, un demi-million de voyageurs au cours de la première semaine de janvier. En novembre, le taux d’occupation des hôtels avait déjà atteint 71%, équivalent au niveau d’avant la pandémie, selon le Washington Post. Mais le revers de la médaille était plutôt prévisible: les cas d’infection ont fait un bond spectaculaire ces dernières semaines.

Si l’épidémie semblait encore maîtrisée l’année dernière, le virus et ses variants, très contagieux, ont fait tripler les contaminations en deux semaines à l’échelle des Emirats arabes unis, qui ne communiquent pas de chiffres spécifiques sur la ville de Dubaï. Le 28 janvier, le pays a battu un record avec 3.966 nouveaux cas enregistrés en un jour, obligeant les autorités à resserrer la vis.

L’émirat de Dubaï a annoncé ce lundi que les bars seront fermés jusqu’à la fin février. Les fêtes privées, mariages et autres réunions familiales sont réduites à 10 personnes, exclusivement de la famille proche, tandis que, dans les restaurants, les tables sont écartées de deux à trois mètres. Les touristes, dont certains devront désormais se soumettre à deux tests, avant et après leur arrivée sur le territoire, selon leur pays de provenance, peuvent également faire une croix sur les divertissements dans les hôtels.

Cerise sur le gâteau: la délation est vivement encouragée. Les autorités appellent à dénoncer les violations de ces protocoles à travers une application. La fête est définitivement finie.

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