Quelle est cette " bulle de kot " pour les étudiants?

Pour répondre à la détresse de nombreux jeunes, la ministre francophone de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny réfléchit à la mise en place d'une bulle sociale spéciale pour les étudiants.

Bientôt une vie sociale pour les jeunes? - BELGA

Les mesures sanitaires minent le moral des jeunes. Comme tout le monde, certains diront, mais le mal-être qui ronge cette population depuis bientôt un an est alarmant, jusqu’à saturer les services d’aides psychologiques et pédopsychiatriques ces dernières semaines. Les jeunes étouffent, ils ont besoin d’air. Pour répondre à cette détresse, l’annonce mercredi de la reprise d’une activité en extérieur pour les adolescents de 12 à 18 ans était un bon signal, mais cette bouffée d’oxygène s’est faite au détriment des plus jeunes, qui vont désormais devoir choisir un seul passe-temps par semaine. Et pour les plus âgés? Toujours rien. Pour l’instant.

Enfin une vie sociale?

Privés des plus belles années de leur vie, ces adultes de demain pourraient bientôt apprendre une bonne nouvelle. Dans un entretien au journal Le Soir, la ministre francophone de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny a annoncé ce samedi qu’elle travaillait, avec ses collègues néerlandophone et germanophone, sur un projet visant à introduire une bulle de contacts spéciale pour les étudiants.

Manifestation pour réclamer des perspectives pour les étudiants

Une manifestation pour réclamer des perspectives aux étudiants, le 29 janvier. – BELGA

Cette « bulle de kot » devrait permettre à six jeunes d’avoir des interactions entre eux, sans restrictions, ni masques. « Ils ont besoin de contacts comme de pain », explique la ministre libérale. Car pour le moment, les 18-25 ans n’ont pas grand chose pour souffler: pas de sport, de culture ou de sortie. Depuis près d’un an, ils suivent également un enseignement à distance, restant scotchés encore plus longtemps devant leurs écrans – le seul moyen pour eux de travailler et de rester en contact avec leurs amis -, laissant peu de place à la déconnexion.

Cette bulle répond à une autre réalité

L’idée de cette « bulle de kot » est donc de favoriser une vie sociale entre ces six personnes, toujours les mêmes, sur un campus. « On sait que ça correspond à une réalité », pointe Valérie Glatigny, alors que les mesures actuelles sont plutôt basées sur un ménage familial traditionnel. « On encourage aujourd’hui les étudiants à choisir un lieu entre maison et campus, évidemment pas de ne plus rentrer, mais de le faire moins souvent pour éviter le mix de tranches d’âge. Donc : davantage d’interactions entre pairs mais moins de navettes. » Et pour celles et ceux qui ne sont pas en kot? « Ils pourront aussi avoir une bulle plus large pour autant qu’ils restent dans cette bulle », rassure-t-elle.  

Corollaire de la reprise des cours en présentiel

Le projet a déjà été approuvé ce vendredi par tous les ministres concernés, sur base d’avis de pédopsychiatres et d’experts sanitaires mais pas de virologues. Les ministres de l’Enseignement doivent encore rencontrer les étudiants pour analyser cette piste. « On veut travailler ce concept-là avec eux pour créer une rentrée en présentiel la plus sûre possible », explique Valérie Glatigny. « On va donc aussi se coordonner avec les autorités locales, l’établissement, les associations étudiantes. Il faut travailler ensemble pour que cette reprise soit un succès. » Reste à savoir si cette reprise des cours et de la vie sociale sera suffisante pour réparer les dégâts de cette crise.

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