Couvre-feu à 21h: les Pays-Bas s’embrasent

Depuis samedi, les rues sont saccagées, les magasins pillés et les voitures incendiées dans de nombreuses villes néerlandaises. Les manifestations contre les mesures sanitaires se sont transformées en émeutes.

Eindhoven a été particulièrement touchée. (Crédit: AFP)

Alors que les restrictions sanitaires ont intégré notre quotidien et celui de bien d’autres populations des alentours, chez nos voisins du nord, l’interdiction de circuler le soir et la nuit ne passe absolument pas.

Annoncé mercredi 20 janvier, le couvre-feu néerlandais a été complètement rejeté par une partie de population, descendue dans les rues pour protester. Aux antipodes d’une manifestation pacifique, ce sont de véritables émeutes qui se déroulent dans les rues des Pays-Bas depuis trois jours. 

(Crédit: Belga)

Les grandes villes ont été particulièrement ciblées mais de plus petites communes n’ont pas été épargnées.

Ce mardi, on comptait environ 150 arrestations la veille rien que pour Amsterdam et Rotterdam. Les protestataires hollandais saccagent les rues, le mobilier urbain, pillent les magasins et incendient les voitures. 

Des mesures exceptionnelles

Certains maires ont déjà annoncé prendre des mesures exceptionnelles pour assurer la sécurité dans leurs communes. Ahmed Aboutaleb, maire de Rotterdam, a notamment autorisé la police à multiplier les arrestations.

Comme le décrit l’Algemeen Dagblad, sa ville a été particulièrement touchée. 300 agents ont dû être déployés, répartis sur 5 ou 6 quartiers de Rotterdam et ont même utilisé des canons à eau pour disperser la foule. Le maire avait pour la toute première fois menacé d’utiliser des gaz lacrymogènes mais ils n’ont pas été nécessaires, à son grand soulagement.

Crédit : ANP

Selon l’analyse de l’élu, environ un quart des émeutiers étaient de vrais manifestants, les autres n’étaient là que pour voler et détruire. Le maire Aboutaleb et la police réfléchissent déjà à des solutions pour éviter que tels événements ne se reproduisent.  « Je ne pense pas que nous en serons débarrassés dans les jours qui viennent. Nous prendrons les mesures qui s’imposent au jour le jour », a-t-il déclaré au quotidien néerlandais.

A Eindhoven, le gaz lacrymogène a été nécessaire pour disperser la foule et la circulation a été interrompue. Dans la capitale, ce sont des chiens et des canons à eau qui ont dû être utilisés pour faire partir les centaines de manifestants réunis sur la Museumplein. Dans le village d’Urk, des contestataires ont même été jusqu’à incendier un centre de dépistage et à Enschede, certains ont tenté d’attaquer un hôpital…

A travers les Pays-Bas, les arrestations se comptent désormais en centaines et les amendes en milliers… « J’espère que c’était temporaire mais j’ai bien peur que cela continue pour les jours et semaines à venir », a commenté Koen Simmers, président du syndicat de police NPB à la télévision.

Pire ailleurs

Ce genre de manifestations peut sembler complètement démesurées vues de Belgique. En effet, nous avons été habitués à la mesure du couvre-feu depuis le début de la pandémie, comme bien d’autres pays. 

Mais pour les Pays-Bas, l’interdiction de circuler entre 21h et 4h30 est la première mesure de ce genre depuis la Seconde Guerre mondiale. Nos voisins ont fait face à la propagation de la COVID-19 sans jamais y avoir recours. Mais avec l’arrivée du variant britannique, le gouvernement néerlandais n’a pas vu d’autre solution. 

De plus, cette mesure ne tombe pas du ciel. Les bars et les restaurant sont fermés depuis octobre et les magasins non-essentiels depuis décembre. Ailleurs en Europe, 21 h ou 22h sont souvent choisies comme heures limites alors que certains confinements sont bien plus stricts. En France, le couvre-feu est établi à 18h.

Plus d'actualité