Covid-19 : la culture et la nuit continuent de crier à l’aide

Les acteurs des arts, du spectacle, de l’événementiel, des soirées et des boites de nuit ont à plusieurs reprises manifesté leur détresse face à l’arrêt forcé de leur secteur depuis 10 mois déjà. Et comme cela ne s’améliore pas: ils continuent.

Des centaines de manifestant devant La Monnaie. (Belga)

Tout en haut du classement des secteurs les plus touchés par la crise sanitaires toujours les mêmes. La culture, particulièrement les arts du spectacle, et le monde de la nuit sont toujours à l’arrêt et risquent de l’être encore longtemps. Certes, les musées et cinémas ont pu rouvrir un moment et quelques concerts ou pièces ont été organisées avec de strictes mesures. Mais pas de quoi remplir les caisses. Et du côté des clubs et discothèques, c’est encore pire. Les portes sont closes depuis mars. Certains ont même tenté de se reconvertir en bar…

Bien que des aides ont été promises, le risque de devoir mettre la clé sous la porte est grand pour les théâtres, salles de concerts, boites tandis que de nombreux travailleurs, souvent indépendants, n’ont pas pu gagner leur vie depuis bientôt un an. Pour garantir la survie de ces secteurs, il faut agir urgemment et ils le savent. 

Ce samedi en fin d’après-midi, plusieurs centaines d’acteurs du monde culturel se sont réunis devant le Théâtre de la Monnaie. Ils y ont présenté un show de type cabaret, intitulé « le seul spectacle de tout le royaume », retransmis sur Internet mais aussi sur les façades de différents lieux culturels bruxellois, dont le Théâtre National. Sur la scène de fortune, différents participants se sont succédés pour souligner à quel point le secteur culturel souffre et insister sur « l’inégalité de traitement flagrante » par rapport aux autres domaines, qui selon eux, pâtissent moins de la situation.

(Belga)

Ce spectacle, c’était déjà l’opération « Still standing » numéro 2. En juillet, des dizaines d’associations et organisations culturelles avaient déjà manifesté leur détresse aux quatre coins de la Belgique en s’immobilisant 15 minutes dans l’espace public, leur instrument de travail en main : micro, caméra, texte, pinceaux… Une action symbolisant la paralysie de leur secteur.
8 mois après, l’appel à l’aide est toujours le même. 

« C’est fini pour nous »

Dans le secteur de l’événementiel et des soirées, le constat est le même, et probablement pire. 

Au Bloody Louis, boite de nuit de l’avenue Louise connue pour inviter régulièrement des artistes internationaux, l’administratrice est presque sûre que le club ne se remettra pas de cette interminable fermeture. « Je suis au stade d’être atteinte psychologiquement, du fait qu’on nous empêche de travailler. C’est scandaleux et totalement illégal ! », a déclaré Evelyne Devroye dans la Dernière Heure. Elle dit n’avoir reçu qu’environ 700€ par mois de fermeture et ne se voit pas rouvrir. « C’est fini pour nous, on est mort ! Ils veulent nous tuer et je pense qu’ils vont y arriver. […] Honnêtement, le monde de la nuit, c’est terminé. Personne ne sait tenir à ce rythme, les faillites se multiplient. »

Brussels By Night, fédération qui « représente les professionnels de la vie nocturne pour la Région de Bruxelles », tire aussi la sonnette d’alarme. Pour son porte-parole, les boites n’ouvriraient pas avant la rentrée 2021, alors que le manque de revenus est déjà criant dans le milieu. 

« On parle de dettes qui vont de 150.000 à 800.000 euros selon les établissements », détaille Lorenzo Serra. « Le secteur a été baladé de CNS en comités de concertation. Entre-temps, ça fait dix mois et les dettes sont déjà tellement énormes qu’aujourd’hui, n’importe quelle personne qui déciderait de faire marche arrière devra vendre sa maison ou des biens personnels, juste pour rembourser ses dettes… »

Pourtant, l’événementiel aussi a régulièrement fait part de ses problèmes cette année. En juin, des acteurs du secteurs étaient réunis devant le Heysel pour manifester. En août, l’opération #Soundofsilence envahissait les réseaux sociaux du pays de banderoles oranges, là encore pour sensibiliser sur la détresse dans le milieu. 
 

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