Vaccination: pourquoi les soignants veulent être prioritaires

Alors que la campagne de vaccination débute à grande échelle ce mardi dans les maisons de repos, un collectif de médecins appelle le ministre de la Santé à revoir la stratégie belge.

Le débat sur les prioritaires commence. - AFP

C’est ce mardi que débute véritablement la campagne de vaccination contre le coronavirus en Belgique. Comme convenu, les résidents de maisons de repos, ainsi que le personnel de celles-ci, seront les premiers à bénéficier de ce précieux vaccin. Mais, face au manque de doses, certains appellent à modifier cette stratégie.

Dans une lettre ouverte au Ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, un collectif de médecins, porté par le vice-doyen de l’hôpital Erasme Elie Cogan, suggère de prendre exemple sur la France et les Pays-Bas, qui viennent de revoir l’ordre des priorités, en intégrant les soignants dès à présent. C’est d’ailleurs ce que recommandent le Conseil supérieur de la Santé et l’OMS. « Cette approche permet à la fois de mieux veiller à la prise en charge des personnes atteintes de Covid graves mais aussi de préserver la qualité des soins pour les malades souffrant d’autres affections sérieuses », justifient les signataires, parmi lesquels se trouvent des noms désormais bien connus du public comme Yves Coppieters et Leïla Belkhir.  

Changement de plan… encore?

Au départ, il était prévu de vacciner en parallèle les maisons de repos et les hôpitaux. Mais l’entreprise Pfizer a pris du retard dans la production. Seule la moitié des 600.000 doses initialement prévues pour la Belgique a été livrée dans un premier temps. Ce qui a bouleversé le plan de vaccination, donnant la priorité aux seniors, les plus fragiles. Les soignants l’ont bien compris, ils ne devraient donc pas être vaccinés, au minimum, avant mi-février. C’est tard, selon les principaux intéressés, surtout vu le contexte actuel.

L'un des premiers Belges vaccinés

Protéger notre système de soins

Dans leur lettre, les signataires rappellent en effet que les professionnels de la santé, en manque d’effectifs, « restent particulièrement exposés au virus » durant cette deuxième vague et qu’ils en craignent une troisième dans quelques semaines. « L’apparition de nouveaux mutants réputés plus contagieux risque d’accélérer encore ce processus », redoutent-ils, pointant la situation catastrophique au Royaume-Uni.

« Nous comprenons, Monsieur le Ministre, la préoccupation de protection des aînés les plus vulnérables, admettent-ils, mais il est indispensable de protéger également les combattants de première ligne au contact de la Covid. Il s’agit donc de pouvoir vacciner ces soignants prioritairement et sans délai. » Pour le collectif, soutenu par l’Académie royale de médecine, « vacciner les professionnels de la santé qui sont les plus à risque d’exposition au SARSCoV-2, c’est aussi protéger notre système de soins, un édifice essentiel devenu fragile et dont vous êtes le garant. »

Réponse de Christie Morraele

En réponse à cette réclamation, la ministre de la Santé wallonne Christie Morreale a joué sur les mots en rappelant que le personnel soignant est bien inclus de la phase 1A, comme les maisons de repos. « On a mis les choses en place pour qu’ils soient vaccinés extrêmement rapidement en tout cas, en fonction de l’arrivée des vaccins », a-t-elle déclaré ce mardi matin au micro de la Première. Un simple « non » au changement de stratégie aurait été plus clair et plus rapide.

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