L’OMS met en garde : la prochaine pandémie sera peut-être pire

L'Organisation Mondiale de la Santé est plutôt pessimiste pour les années futures et invite tous les pays du monde à tirer les leçons de 2020 afin d'être prêts pour de potentielles pandémies plus graves. 

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS. (Belga/AFP)

Alors que le monde entier se prépare, doucement, mais espérons-le sûrement, à mettre la pandémie derrière lui dans les prochains mois, l’Organisation Mondiale de la Santé préfère manifestement prévenir que guérir. Ses experts semblent vouloir qu’on ne se réjouisse pas trop vite. Le point presse de fin d’année de l’OMS a d’ailleurs été plutôt pessimiste.

Le professeur David Heymann, président du groupe consultatif stratégique et technique pour les risques infectieux, a notamment tenu à souligner quelque chose qui n’est pas encore clair pour tout le monde : nous allons devoir faire avec le Covid-19. 

« Il semblerait que le SARS-CoV-2 va devenir endémique, comme d’autres coronavirus avant lui, et qu’il va continuer à muter », a-t-il précisé. « Heureusement, nous avons désormais les outils pour sauver des vies. Combinés avec une bonne santé publique, ils nous permettront de vivre avec le Covid-19. »

La maladie ne va donc pas disparaitre, mais nous devrions tous être immunisés. Le Dr. Mark Ryan, qui dirige le programme des urgences sanitaires de l’OMS, a ajouté que le scénario le plus probable est que ce coronavirus va devenir un virus endémique comme les autres, qui restera toujours une menace, mais avec très peu de danger dans un contexte de vaccination globale et efficace.

Mais ce n’est pas pour ça que le Covid-19 va disparaitre. « L’existence d’un vaccin, même très efficace, n’est pas une garantie d’éradique une maladie infectieuse », a-t-il précisé. L’objectif du vaccin était de sauver des vies, d’empêcher les gens de tomber malade. C’est seulement lorsque tout le monde sera immunisé « que nous nous occuperons de la question de savoir si nous sommes capables d’éliminer ce virus. »

Tirer les leçons

Leur message est clair : le Covid-19 ne va pas se volatiliser d’un coup. D’où la nécessité d’immuniser le plus grand nombre de personnes au plus vite. Mais pour l’OMS, cette pandémie doit servir de leçon. On l’a vu : aucun pays n’était 100% préparé à affronter une telle crise sanitaire. L’important pour la suite sera d’être prêts à faire face à d’autres virus potentiels, qui pourraient être bien pires que ce coronavirus.

« Cette pandémie a été très grave… Elle a touché les quatre coins du monde. Mais ce n’est pas forcément la pire », a prévenu Mark Ryan. « C’est une sonnette d’alarme. Désormais, nous nous devenons meilleurs en sciences, en logistique, en formation, en gouvernance, en communication… Mais la planète est fragile. […] De telles menaces, il y en aura d’autres. S’il faut retirer ne serait qu’une chose de cette pandémie, avec toutes ses tragédies et ses pertes, c’est que nous devons nous ressaisir et nous améliorer quotidiennement dans ce que nous faisons. »

Du progrès

Pour ce qui est de la fin de la distanciation et des masques, il faudra encore faire avec pour un moment. Une vaccination globale ne signifie pas la fin immédiate des gestes barrière. Il faudra attendre d’être certain que les personnes immunisées ne soient plus contagieuses, ce qu’on ignore toujours. 

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS, a conclu sur une note un peu plus positive avec un bilan de cette année 2020 et de sa pandémie. « Nous avons fait un grand pas en avant, notamment grâce à l’extraordinaire coopération entre les secteurs privé et public. Et ces dernières semaines, le déploiement de vaccins sûrs et efficaces a commencé dans un certain nombre de pays, ce qui constitue une incroyable réussite scientifique. »
 

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