Lancement de la vaccination contre le Covid-19 en Belgique: Et après?

La campagne de vaccination contre le Covid-19 a commencé chez nous. Mais va-t-elle nous sauver rapidement de l'épidémie?

La Belgique aperçoit le bout du tunnel. - BELGA

Le lancement est symbolique. Ce lundi 28 décembre à 11h, les premières vaccinations contre le Covid-19 ont eu lieu dans trois maisons de repos du pays, une dans chaque Région. « Une journée importante », selon Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé.  « On va faire reculer ce virus qui nous empoisonne depuis 9 mois. » « Un véritable soulagement pour ces institutions violemment touchées par l’épidémie de Covid et une lueur d’espoir pour la population belge », a confié son homologue bruxellois Alain Maron.

Chacun son tour

Mais la véritable campagne de vaccination débutera le 5 janvier, avec une montée en puissance progressive. On l’aura compris, les premiers à bénéficier de ce précieux vaccin seront les plus vulnérables: les résidents et le personnel de maisons de repos, tous volontaires. Cette phase 1A devra se dérouler en deux vagues, puisque le vaccin produit par Pfizer/BioNtech, le seul autorisé pour l’instant, nécessite une réplication à trois semaines pour être efficace. Le gouvernement s’est donné jusqu’à fin février pour terminer cette première étape, qui concerne près de 250.000 personnes, avant de cibler le personnel des hôpitaux et des soins primaires, en première ligne depuis le début de la crise. « Un objectif accessible », selon Yvon Englert, membre de la taskforce opérationnelle pour la vaccination.

Jos Hermans, 96 ans, premier Belge à recevoir le vaccin contre le Covid-19

Jos Hermans, 96 ans, premier Belge à recevoir le vaccin contre le Covid-19. – BELGA

Ensuite, la phase 1B devrait commencer au mois de mai, avec la vaccination des personnes à risque, à savoir les plus de 65 ans et les personnes de 45 à 65 ans atteintes de maladies chroniques.

Enfin, la troisième et dernière phase, qui concerne Monsieur et Madame tout le monde, pourrait débuter dans la foulée. L’épidémiologiste Pierre Van Damme, membre du groupe d’experts qui détermine la stratégie vaccinale, espère avancer cette phase de vaccination des plus jeunes avant l’été. Mais cela va dépendre de l’approbation et de la livraison des vaccins.  

Le début de la fin

Pour le moment, la stratégie belge peut uniquement compter sur le vaccin produit par Pfizer/BioNPech, gagnant de la course mais qui a pris du retard dans la production. Mais celui-ci ne devrait pas rester très longtemps le seul vaccin autorisé en Europe. Le 6 janvier, soit le lendemain du lancement officiel de cette campagne, l’Agence européenne des médicaments se réunira pour examiner – et potentiellement autoriser – le vaccin de Moderna. Pour celui d’AstraZeneca, plus facile à stocker, aucune date n’a encore été fixée, mais la décision est attendue autour du mois de mars.

Chacun d’entre eux affiche des taux d’efficacité prometteurs oscillant entre 70 % et 95 %, faisant naître l’espoir d’un retour à la vie normale. Mais est-ce que 2021 signera la fin de l’épidémie de Covid-19? Ce n’est pas si sûr.

Les précieux vaccins contre le Covid-19

Le précieux vaccin produit par Pfizer, stocké dans un réfrigérateur de La Bonne Maison de Bouzanton, à Mons. – BELGA

Il est difficile de savoir quand les premiers effets du vaccin, présenté par le monde scientifique et politique comme la « solution définitive », seront ressentis. Celui de Pfizer devrait fournir une protection optimale une à deux semaines après la deuxième dose, permettant par exemple aux résidents des maisons de repos de retrouver une vie sociale.

Pour les effets à plus long terme, c’est plus compliqué. Cela dépendra notamment de l’accès aux vaccins durant les différentes phases de la stratégie, mais aussi des effets des mutations du virus sur l’efficacité vaccinale. L’arrivée d’un variant venu du Royaume-Uni est une inconnue supplémentaire dans cette équation. De plus, alors que la personne vaccinée est protégée, on ne sait pas encore si celle-ci peut encore contaminer d’autres personnes. Il est également encore trop tôt pour savoir si ces vaccins assurent une immunité suffisamment longue. C’est pourquoi les mesures sanitaires resteront d’application durant encore un certain temps, en tout ou en partie.

Pour que ce vaccin soit bel et bien notre porte de sortie de cette crise, il reste également un autre défi de taille: convaincre 70% de la population, soit huit millions de Belges, de se faire vacciner pour atteindre l’indispensable immunité collective et rompre la transmission du virus.

Plus d'actualité