La nouvelle mutation du coronavirus inquiète l’Europe

D’après les premières analyses, ce virus muté ne serait pas plus dangereux et ne résisterait pas au vaccin, mais semble bien plus contagieux. Comme il est très présent outre-manche, plusieurs pays ont fermé leurs frontières aux Anglais et annulé les vols vers le Royaume-Uni.

Impossible pour les Anglais de traverser la Manche.  (Credit: PRESSASSOCIATION)

Alors que la vaccination débute, ou va commencer, un peu partout en Occident, on voit désormais le bout du tunnel. L’horizon d’une vie aussi normale que possible est encore lointain, mais n’a jamais été aussi proche. 

Vu le contexte, on comprend dès lors que l’annonce de la découverte d’une nouvelle mutation du virus, qui serait plus contagieuse que les précédentes, inquiète un peu la population et pousse les gouvernements à prendre des mesures radicales. C’est au Royaume-Uni que ce nouveau coronavirus a été détecté. Selon le gouvernement, il serait la cause de la récente hausse des chiffres dans le pays.

Raison pour laquelle les autorités viennent de réinstaurer de strictes mesures sanitaires dans plusieurs parties de l’Ile : certains Britanniques doivent donc rester chez eux, les commerces non-essentiels y sont fermés, tout comme l’Horeca. Pour le ministre de la Santé, Matt Hancock, « malheureusement la nouvelle souche était hors de contrôle. Nous devions reprendre le contrôle, et la seule manière de le faire, est de restreindre les contacts sociaux ».

Ce qu’on sait de cette nouvelle mutation

Nous ne connaissons encore que peu de choses sur cette nouvelle forme du SARS-CoV-2. Mais deux choses inquiètent particulièrement : au Royaume-Uni, elle a rapidement remplacé les anciennes formes du virus et les scientifiques anglais ont déjà repéré que ces mutations ont augmenté sa capacité à se propager. 

Un chiffre circule beaucoup : cette mutation se propagerait 70% plus facilement que les anciennes versions. Une statistique notamment relayée par Boris Johnson. Il s’agit là d’une estimation de plusieurs chercheurs au vu des premières analyses, mais absolument pas un chiffre définitif. 

Il a été détecté pour la première fois en septembre. Aujourd’hui, deux tiers des nouveaux cas londoniens ont été infecté par le virus muté. Au Royaume-Uni, seule l’Irlande du Nord est toujours épargnée. On retrouve ce nouveau coronavirus dans toute la Grande-Bretagne, mais surtout à Londres, dans l’Est et le Sud-Est.

Le pays a d’ailleurs communiqué ses premières conclusions à l’Organisation Mondiale de la Santé, par le biais de son médecin en chef. Il a notamment précisé à l’OMS « qu’actuellement il n’existe aucune preuve que la nouvelle souche entraîne un taux de mortalité plus élevé ou qu’elle affecte les vaccins et les traitements, bien que des travaux urgents soient en cours pour le confirmer. »

L’Europe réagit

L’OMS qui a d’ailleurs invité les pays de l’Union Européenne à renforcer leurs contrôles. Quelques cas de Covid-19 liés à ce nouveau virus ont déjà été détectés au Danemark, aux Pays-Bas, en Australie et même chez nous.

Pays-Bas qui ont annulé tous les vols vers le Royaume-Uni, une mesure également appliquée par l’Italie et par la Belgique. 

Ce dimanche, après s’être réunis avec Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Charles Michel, le président du Conseil européen, les dirigeants allemands et français ont pris la même décision : aucun avion ne décollera vers le Royaume-Uni depuis leurs aéroports. Emmanuel Macron a également interdit les voyages via le tunnel sous la Manche. 

Et chez nous ? 

Comme nous le disions plus haut, quelques cas infectés par ce coronavirus muté ont été détectés en Belgique. C’est ce qu’a expliqué Yves Van Laethem à La Libre, précisant que cette mutation n’avait probablement aucun lien avec le Royaume-Uni. « Elle a simplement été détectée là-bas parce que les Anglais ont un bon système épidémiologique dans lequel ils ont investi de l’argent. Ce sont eux qui nous alertent. On n’a pas encore assez de données pour parler précisément de sa présence dans d’autres pays. » Il a précisé qu’il est, à l’heure actuelle, « impossible que d’affirmer que cette mutation est à la base des (moins bons) chiffres » du moment.

L’expert, comme son confrère Emmanuel André, a d’ailleurs trouvé justifiée la réaction belge face à cette nouvelle mutation.

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