Sommes-nous au bord d’une troisième vague ?

Les contaminations repartent à la hausse alors que les Fêtes de fin d'année à risque se profilent.

Belga

Le coronavirus aura donc pourri 2020 jusqu’au bout… Et au-delà. Alors que le deuxième confinement est toujours en vigueur, tous les indicateurs laissent à penser qu’une troisième vague est à nos portes. Après une baisse des contaminations fin novembre suite à la décision de confiner à nouveau qui avait permis de limiter la portée de la deuxième vague – et une stabilisation – voici que les chiffres de contaminations repartent à la hausse.

Si à Bruxelles, l’épidémie marque toujours le pas, elle reprend en Flandre et en Wallonie. Et plus encore chez nos voisins. La France, l’Allemagne et les Pays-Bas ont dores et déjà annoncé de nouvelles mesures contraignantes pour tenter de limiter la propagation. Le gouvernement De Croo pourrait faire de même demain soir. En clair, à la veille de Noël, l’Europe repasse dans le rouge. Et la question se pose : sera-t-il possible d’éviter une troisième vague pour commencer l’année 2021 ? Plusieurs raisons laissent à penser le contraire.

Le virus a repris sa course en avant

On peut y chercher toutes sortes de raisons. Un confinement moins efficace que lors de la première vague, le retour des enfants à l’école, la réouverture des magasins, une stratégie « tester, tracer, isoler » peu efficace… Toujours est-il que le virus se propage de nouveau rapidement parmi la population européenne. Un peu comme au mois d’août, on voit venir la vague, tout en se disant qu’on pourra tout de même l’éviter. Le problème est que celle-ci est peut-être déjà lancée.

Comme l’a rapporté le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem lors du point presse ce jeudi : « Nous sommes dans une situation un peu entre deux eaux, ce qui va se passer dans les jours qui viennent va être crucial pour inverser une tendance que l’on sent malheureusement être à l’augmentation persistante des cas. Ce qui va se passer dans les jours qui viennent va être crucial ».

Des fêtes de fin d’année à haut risque

Le problème est là. Les jours qui viennent, c’est Noël, les Fêtes de fin d’année traditionnellement dédiées à la famille, aux amis, aux repas à quinze autour d’une table avant d’aller embrasser tantes et neveux. Evidemment, cette année, le gouvernement a déjà insisté qu’il n’était pas question de fêter Noël comme à l’accoutumée. Néanmoins, il sera difficile d’éviter les regroupements, même en petit comité. La période d’achat de cadeaux l’a bien démontré avec des rues commerçantes noires de monde… Et après Noël, qu’en sera-t-il du Nouvel an ? Et des vacances d’hiver ?

En théorie, tout est prévu pour éviter les rassemblements – du moins en ce qui concerne Noël et le Nouvel an. Et donc, la propagation du virus durant cette période. Mais qu’en sera-t-il en pratique. D’autant que la population est fatiguée après une année qu’elle souhaite voir se terminer au plus vite. Yves Van Laethem : « Nous espérons tous qu’il sera suffisant de mieux appliquer les mesures existantes et de parvenir à reprendre en main la situation sans que d’autres mesures soient nécessaires ».

Les effets des vaccins, pas avant juin

Les premières personnes ont commencé à être vaccinées en Angleterre et aux Etats-Unis. En Europe, l’Allemagne et la Commission européenne tablent sur un lancement des vaccinations pour tout le continent le 29 décembre. Mais il faudra du temps pour que les effets se fassent sentir dans la population. Tout d’abord, parce que les premières personnes à se faire vacciner seront celles qui en ont le plus besoin. La première phase sera donc limitée. Ensuite, parce que tous les vaccins ne sont pas encore sur le marché, loin s’en faut. Enfin, parce qu’on ne sait toujours pas exactement combien de temps durera l’immunité offerte par les différents vaccins (trois semaines ? Trois mois ? Trois ans?).

Il reste beaucoup d’inconnues quant aux vaccins. Sans même parler de la logistique pour vacciner toute la population, non seulement en Belgique, mais en Europe et dans le monde – le virus ne s’arrêtant pas aux frontières. In fine, selon les experts et les politiciens, on ne devrait pas en savoir plus avant juin, ce qui laisse tout le temps au virus pour se propager à grande vitesse une troisième fois. Certains ont déjà prévenu que, pour bien faire, les mesures sanitaires devraient rester plus ou moins en place jusqu’au printemps.

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