Respect des mesures : des amendes plus salées mais des drones remis en question

Face aux fêtes clandestines qui se multiplient, les libéraux flamands aimeraient augmenter le montant des amendes pour les participants et les organisateurs. Quant aux drones, envisagés pour la surveillance, ils ne pourront pas survoler maisons et jardins.

Les drones pourront inspecter les rues commerçantes. ©AFP

8 Belges sur 10 déclarent qu’ils respecteront les règles en vigueur ce Noël. C’est ce qui ressort du dernier Grand Baromètre Le Soir – RTL – Ipsos, le sondage de la population régulier des trois médias. Quant aux deux autres, ceux qui ne savent pas ou qui vont probablement enfreindre l’une ou l’autre des mesures sanitaires, ils feraient mieux de revoir leurs plans pour la fin d’année.

En effet, pour plusieurs élus du pays, il est grand temps d’augmenter les sanctions pour ceux qui prennent des risques avec leur santé et celles des autres. Avec une cible bien précise dans le viseur : les fêtes clandestines.

Ce matin, Egbert Lachaert, président de l’Open VLD, s’est exprimé sur le montant de l’amende que risquent les participants à ces fameuses « lockdown party ». Pour lui, 250€ pour les participants et 750€ pour les organisateurs, ce n’est pas assez. « Avec quelques centaines d’euros, on achète l’infraction », a-t-il commenté sur Bel RTL.

Le sujet avait déjà été remis en question par le ministre de la Justice, et membre du même parti, Vincent Van Quickenborne, ce week-end sur VTM. Pour le libéral, l’amende devrait coûter plus du double, « quelques milliers d’euros ».

« Il s’agit d’un comportement criminel et antisocial », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi j’ai demandé aux procureurs généraux d’augmenter les amendes. » La réunion à ce sujet a d’ailleurs lieu ce lundi. Le ministre aimerait que la règle soit très précise afin que les vraies fêtes soient sévèrement punies. « S’il y a de la musique et de l’alcool par exemple, si on organise vraiment quelque chose dans l’intention d’enfreindre la loi, les amendes seront très lourdes. »

Ce matin, sur la Première, la co-présidente d’Ecolo, Rajae Maouane, interrogée sur le sujet, a répondu qu’il faut aussi penser à la prévention, mais « qu’à un moment donné, quand une petite minorité ne respecte pas les règles [… ], il faut peut-être hausser le ton. »

Des drones dans l’espace public uniquement

Il n’est pas compliqué de comprendre d’où vient cette volonté de sévérité de la part des libéraux flamands. En effet, presque tous les week-ends, la police met fin à des fêtes clandestines, où les mesures sanitaires ne sont pas du tout respectées. On en retrouve aux quatre du coin du pays, parfois dans des grottes ou des entrepôts.

Face à ce constat, avec Noël arrivant et le réveillon du nouvel an peu après, les craintes de la police quant aux rassemblements et fêtes illégales sont plutôt légitimes.

Mais faut-il en venir aux contrôles de porte à porte voire à l’utilisation de drones ? C’est le débat du moment. La raison : la zone de police Carma, qui couvre Genk et les communes environnantes, s’est équipée de ces engins volants télécommandés pour veiller au respect des mesures et de l’interdiction de tir de feux d’artifices. Pour ces derniers, les policiers limbourgeois avaient déjà eu recours aux drones par le passé. Cette fois-ci, ils seront équipés de caméras thermiques, permettant d’observer si les règles sanitaires sont suivies.

Dans l’espace public en tout cas, car c’est tout ce que les policiers peuvent inspecter de la sorte. Pas question de survoler un jardin ou d’observer par une fenêtre. 

Mais la question du respect de la vie privée se pose. En effet, si une grande fête a lieu, le drone pourra très probablement la voir depuis la rue. Sans parler des maisons ou jardins adossés aux parcs, qui apparaitront forcément sur les images. Alors, est-ce que la police pourra réagir si elle découvre des événements illégaux ?

Difficile à imaginer pour Frank Schuermans, de l’Organe de contrôle de l’information policière (COC), interrogé par De Standaard. Le COC ouvre d’ailleurs une enquête sur l’utilisation des drones. « Si la police voit un jardin avec 35 personnes depuis l’espace public, n’interviendra-t-elle pas ? », se demande-t-il. « J’ai beaucoup de mal à imaginer qu’elle pourra tracer une limite quelque part ».

Dans le monde politique, plusieurs élus se sont déjà exprimés sur le sujet. Notamment à nouveau Egbert Lachaert, président de l’Open VLD, qui juge ça, « complètement inacceptable, tout comme rentrer dans les maisons ». Idem pour la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), qui a annoncé qu’un courrier avait été envoyé aux bourgmestres et gouverneurs pour préciser son utilisation. Pour surveiller une rue commerçante, c’est ok, mais pour cibler certaines maisons, pas question.

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