Faut-il réévaluer les mesures sanitaires avant les fêtes?

Noël pourrait-il être sauvé, in extremis? Les déclarations de certains politiques nourrissent cet espoir, mais Frank Vandenbroucke campe sur ses positions. 

Faut-il réévaluer les mesures sanitaires avant les fêtes?

Le Comité de concertation a déçu de nombreux Belges en n’assouplissant que très légèrement les règles sanitaires pour Noël. La bulle sociale est maintenue à son strict minimum, sauf pour les personnes isolées, qui peuvent recevoir deux invités, le 24 ou 25 décembre. De quoi rendre les fêtes un peu moins festives.

Cette rigueur belge, unique en Europe, ne fait pas l’unanimité, y compris dans le monde politique. Georges-Louis Bouchez estime qu’une nouvelle réunion doit pouvoir être organisée avant les fêtes de fin d’année, pour réévaluer les mesures actuelles. « Si les chiffres le permettent, on tentera encore de donner plus d’humanité », avait assuré sur Twitter le président du MR, qui plaidait, avant le comité de concertation, pour l’adoption d’un modèle similaire au contrat moral canadien. Son homologue socialiste Paul Magnette abonde dans le même sens. « Rien n’est jamais impossible. Si on devait observer que les chiffres s’améliorent de manière très nette dans les prochains jours, pourquoi ne pas évaluer? Il n’y a pas de raison d’être plus strict que nécessaire », a-t-il déclaré mardi sur les ondes de la Première.  

Du côté scientifique aussi, la porte reste ouverte. « Je pense que c’est raisonnable de réévaluer la situation sanitaire tous les quinze jours », a déclaré Yves Coppieters sur le plateau de la RTBF mardi soir, alors que le prochain comité de concertation n’est pas prévu avant mi-janvier. « C’est vrai que dans dix jours, la situation épidémiologique sera différente, et elle sera sans doute meilleure. Cela devrait permettre une réévaluation en fonction des objectifs que nos décideurs se sont fixés et peut-être que l’on pourra dès lors rouvrir certains services nécessaires au niveau social », comme les métiers de contact. 

Le Comité de concertation

– BELGA  

Refus catégorique

Frank Vandenbroucke n’est pas du même avis. Le ministre de la Santé, au cœur de la tourmente pour ses propos « choc » sur la réouverture des commerces, a exclu tout assouplissement de dernière minute pour les fêtes. Son objectif est clair: éviter à tout prix une troisième vague. « Ce serait le plus beau cadeau de Noël », justifie le socialiste flamand, soutenu par le Premier ministre Alexander de Croo.  

Outre la communication fortement critiquée du ministre, cette cacophonie au sein même de la majorité, entre les déclarations porteuses d’espoir et les refus catégoriques, crée encore plus de confusion. Ce qui risque de fragiliser l’adhésion citoyenne, pourtant essentielle pour la réussite de la lutte contre le coronavirus.

Objectif à atteindre

Pour pouvoir envisager un assouplissement des mesures, Frank Vandenbroucke rappelle qu’il est nécessaire d’observer certains indicateurs: moins de 800 contaminations par jour et maximum 75 hospitalisations par jour, pendant trois semaines. Or, malgré des chiffres en baisse, ces derniers restent trop élevés: plus de 2.300 cas diagnostiqués par jour en moyenne, selon le dernier rapport Sciensano, ainsi que 204 admissions quotidiennes à l’hôpital.

Selon Yves Van Laethem, ces objectifs pourraient être atteints « aux environs de fin décembre-début janvier ». Ce qui permettrait de « reconsidérer un relâchement des mesures pour fin janvier-début février ». « La sécurité maximale a été la voie choisie » lors du dernier Comité de concertation, constate l’infectiologue, même s’il estime que les autorités ont « raté l’occasion de se montrer humains ».

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