Et le vrai déconfinement, c’est pour quand?

Le message du Comité de concertation, réuni vendredi, était clair: ceci n'est pas un déconfinement. Au grand désarroi des citoyens. Mais quand celui-ci pourra-t-il être envisagé? Voici quelques éléments de réponse.

Le Premier ministre Alexander De Croo - Reuters

Celles et ceux qui attendaient un cadeau de Noël de la part des autorités sont tombés de haut vendredi soir. Le Comité de concertation a tranché: rien ne change pour les fêtes de fin d’année, ou très peu. Seules les personnes isolées ont droit à un assouplissement des mesures, avec la possibilité d’inviter deux personnes. Quant à l’allégement du couvre-feu en Wallonie et à Bruxelles, il doit encore être confirmé par les autorités locales.

Un Noël sans ses proches, la pilule est difficile à avaler. Les autres annonces ne risquent pas non plus de remonter le moral des troupes. À part les commerces non-essentiels, les musées et les piscines, les autres gardent leurs portes closes jusqu’à nouvel ordre (au mieux, le 15 janvier). Coup dur pour les métiers de contact, l’horeca, les cinémas ou encore l’événementiel. Leur réouverture n’est pas envisageable avant 2021.

Pas avant plusieurs semaines

Les experts et les politiques l’ont répété ces derniers jours, comme pour nous y préparer psychologiquement: il est trop tôt pour enclencher un réel déconfinement. Pourtant, on le sait, les citoyens ont besoin de perspectives pour tenir le coup et traverser cette crise sanitaire. C’est pourquoi le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé que cette sortie tant attendue du confinement n’aura pas lieu avant le 1er février, avec une évaluation des mesures le 15 janvier prochain.

Restaurant fermé à Bruxelles

À l’arrêt depuis le 19 octobre, l’horeca ne rouvrira pas avant le 1er février. Soit plus de trois mois de fermeture. – BELGA

Pour prendre cette décision, il faudra bien évidemment se baser sur la situation épidémiologique. Pour les accompagner dans leur tâche, un outil qui servira de repère a été mis en place, a indiqué le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. Celui-ci fixe les objectifs chiffrés à atteindre pour pouvoir espérer un assouplissement des mesures. C’est le principe du fameux baromètre, dont les politiques n’osent plus prononcer le nom tant il est promis depuis des mois.

Comment fonctionne ce « non baromètre »?

Cet « indicateur de navigation », comme l’appelait le Premier ministre, comporte deux phases. La première, la « phase descendante » – dans laquelle on se trouve pour le moment – consiste à faire baisser les chiffres liés aux contaminations le plus rapidement possible afin de sortir de la crise, tandis que la seconde, la « phase de gestion » aura pour but d’empêcher une troisième vague. Pour passer de l’une à l’autre, il faudra atteindre plusieurs chiffres clés: moins de 800 contaminations par jour et maximum 75 nouvelles hospitalisations par jour. Autres conditions: il faut que ces indicateurs suivent une tendance à la baisse et que le taux de positivité soit inférieur à 3%. « Alors, à ce moment-là et seulement à ce moment-là, on pourra commencer le débat sur l’assouplissement des mesures », a annoncé le ministre de la Santé, soulignant que la décision finale sera politique, et non automatique.

Pour le moment, on en est loin… Malgré des indicateurs en baisse depuis plusieurs jours, les chiffres restent élevés. En moyenne, 2.546,7 contaminations au coronavirus ont été détectées chaque jour, du 18 au 24 novembre, ainsi que 244,9 nouvelles admissions à l’hôpital. Le taux de positivité s’élève, quant à lui, à 11,5%. Raison pour laquelle les autorités ont fait le choix de la prudence, offrant toutefois un peu d’air aux commerçants et aux personnes isolées. Or, d’après le baromètre tout juste validé, ces assouplissements n’auraient même pas dû avoir lieu. Comme quoi ces indicateurs restent indicatifs et entre les mains des politiques.

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