3e vague de Covid-19, un scénario à envisager sérieusement

Ce serait un cauchemar pour beaucoup d’entre nous, mais un nouveau rebond de l’épidémie en 2021 n’a pourtant rien d’inimaginable. Ailleurs dans le monde, certains pays y sont d'ailleurs déjà confrontés.

Il faudra que nos pays se préparent mieux lorsqu'on déconfinera... ©Belga

L’idée d’une troisième vague après le prochain déconfinement est un scénario catastrophe, la pire chose qui pourrait arriver pour notre santé, notre économie ou simplement pour nos nerfs.

Si vous vous reconnaissez dans cette description, mauvaise nouvelle : il est probablement temps de s’apprêter psychologiquement à devoir s’isoler à nouveau chez soi d’ici quelques mois. En tout cas, c’est ce qui arrivera si les gouvernements européens ne tirant pas de leçons de leurs erreurs.

En effet, pour différents analystes et spécialistes, cette deuxième vague que nous vivons actuellement aurait pu être évitée si les différents pays s’étaient mieux préparés cet été. C’était le moment de corriger tout ce qui s’était mal passé au printemps pour être entièrement prêts en cas de rebond de l’épidémie. On voit un peu partout dans le monde que ce n’est pas le cas. 

Face à ce constat, l’Organisation Mondiale de la Santé préfère prévenir. « Les gouvernements ont raté l’opportunité de se préparer pendant les mois d’été, alors que la première vague était sous contrôle. Nous sommes maintenant dans la deuxième vague. S’ils ne construisent pas les infrastructures nécessaires, nous aurons une troisième vague au début de l’année prochaine », a expliqué David Nabarro, un des six envoyés spéciaux du Directeur général de l’OMS pour cette crise du Covid, à un quotidien suisse

Il en a profité pour inviter le reste du monde à prendre exemple sur les pays d’Asie où les infections sont peu nombreuses et où les mesures de distanciation et gestes barrière sont adoptés par toute la population, très impliquée et consciente du danger qu’elle représente pour les groupes à risque.

Pour David Nabarro, l’important est de ne pas alléger les mesures trop vite. « Il faut attendre que le nombre de cas soit bas, mais surtout qu’il reste bas », précise-t-il. « Et il faut préparer les mesures nécessaires pour stopper les prochaines épidémies ».

Pas une légende

Et si cette troisième vague reste, pour le moment, hypothétique en Europe, ailleurs dans le monde certaines nations sont déjà en train de l’affronter.

Parmi les pays asiatiques qui ont bien réagi face au coronavirus, l’envoyé spécial de l’OMS a notamment pointé la Corée du Sud. Pourtant, le pays du matin calme fait partie de ces pays qui luttent contre le deuxième rebond de l’épidémie. Et il se pourrait que cette troisième vague soit la pire que le pays ait connu pour l’instant

Une situation qu’il faut tout de même relativiser : sur un territoire trois fois plus grand et 5 fois plus peuplé que la Belgique, le Covid-19 n’a tué « que » 503 personnes en Corée du Sud cette année, soit 30 fois moins que chez nous. Là-bas, l’idée d’atteindre les 600 contaminations par jour début décembre, un scénario projeté pour cette troisième vague, terrifie les autorités, qui commencent à reprendre des mesures de confinement pour le mois prochain. 

Les États-Unis aussi sont déjà dans leur troisième vague. Si, d’ici, on a eu peut-être eu l’impression que l’épidémie n’a pas cessé de s’y propager, elle s’est tout de même calmée mais moins qu’ailleurs, par deux fois. Fin du printemps, comme chez nous, les courbes ont baissé pour remonter vers juillet. Cette deuxième vague s’est calmée jusqu’au début de l’automne puis la transmission a repris de plus belle et ne diminue pas depuis début octobre.

Même situation du côté de New Delhi, où la troisième vague de Covid-19 a fait grimper le nombre d’hospitalisations à plus de 9.000 par jour. Hôpitaux et cliniques sont à capacité mais les mesures y sont aussi bien moins restrictives. En effet, le gouvernement a préféré éviter de reconfiner le pays pour ne pas à nouveau faire souffrir l’économie, mais en paye désormais les conséquences. Parmi les nouvelles règles envisagées pour contrôler cette nouvelle phase de l’épidémie, on retrouve « limiter les mariages à 50 personnes » ou « fermer certains marchés », mais les magasins restent ouverts et certaines fêtes traditionnelles ont toujours lieu. 

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